27 déc. 2025

Nos albums pop-rock préférés de 2025

Arcade Fire, The Black Keys, Snow Patrol, Franz Ferdinand mais aussi des rééditions des Beatles et de Pink Floyd... Les pointures ont répondu présent en 2025 !

Voici donc quelques-uns de nos albums préférés chroniqués cette année.

 

Pulp - "More"

25 ans après son précédent album, le retour de Pulp c'est celui qu'on n'attendait pas. La britpop est toujours au top ("Tina"), c'est incontestablement un des meilleurs albums de cette année !


 

Wolf Alice - "The Clearing"

Une pop old school avec beaucoup de variations où la voix de la chanteuse Ellie Rowsell est au centre de tout"The Clearing" contient énormément de bons morceaux ("Just Two Girls" va tourner longtemps encore sur les platines). Un énorme coup de coeur ! 


 

Wet Leg - "Moisturizer"

Les britanniques de Wet Leg bousculent la scène indé. Du riff de basse de "CPR" aux chœurs chorale de "U And Me At Home", les morceaux s'enchaînent dans un enthousiasme électrique où guitares et voix s'harmonisent. Un régal ! 

 


The Divine Comedy - "Rainy Sunday Afternoon"

De superbes mélodies, de la pop symphonique, une magnifique voix de crooner, des paroles au style inimitable, le tout empreint de mélancolie. Avec des titres comme "Achilles" ou "I Want You", plus de 30 ans après ses débuts Neil Hannon n'a rien perdu de sa classe et de son talent.


  

Michael Kiwanuka - "Small Changes"

L'album est sorti fin 2024 mais chroniqué en tout début d'année. Avec son songwriting folk et soul ("One And Only"), le disque est une véritable plongée dans des sonorités 70's douces et chaleureuses.


 

 

22 nov. 2025

Wolf Alice, Ash, Air, Feu! Chatterton : des perles de chaque côté de la Manche

Wolf Alice - "The Clearing"

Le groupe britannique sort cette année son quatrième album. S'il qualifie sa musique de "rocky pop", ce sont de véritables touche à tout depuis leurs débuts : folk, électro, grunge... Des morceaux très rock ont en tout cas forgé leur réputation.
Aujourd'hui, adieu les guitares saturées, "The Clearing" est complètement pop : production léchée, piano, cordes, de quoi dérouter les fans de la première heure.
De la pop certes, mais une pop old school avec beaucoup de variations où la voix de la chanteuse Ellie Rowsell est au centre de tout. Une voix qui parfois susurre, parfois explose, enregistrée avec un peu de saturation, en résumé une voix qui fait le show.
Bâti pour plaire au plus grand nombre, "The Clearing" contient énormément de bons morceaux : on relèvera "Thorns" pour son chant tout en puissance, "Just Two Girls" pour son entrain irrésistible, "White Horses" chantée par le batteur du groupe sur un riff de guitare acoustique au rythme rock très syncopé, et "The Sofa" pour sa mélodie entêtante. Un des coups de cœur de cette année !


Feu ! Chatterton - "Labyrinthe"


Impossible de passer à côté du nouvel album des français de Feu! Chatterton tant il a été porté aux nues dès sa sortie.
Passé le premier morceau très (trop ?) calibré pour la radio, force est de constater que ces critiques élogieuses sont justifiées.
Des textes exceptionnels, une musique mélangeant électro et rock, qui sort résolument du lot dans le paysage de la chanson française (notamment sur "L'étranger" et "Sous La Pyramide" avec sa longue intro musicale au synthé).
Sous le phrasé toujours aussi caractéristique du chanteur Arthur Teboul, les paroles mêlent espoir ("Allons Voir"), illusions perdues ("A Cause Ou Grâce", "Ce Qu'on Devient"), engagement ("Mon Frère"), ou deuil (le bouleversant "Milles Vagues") avec un sens de la formule et une poésie uniques à l'heure actuelle.

 


Ash - "Ad Astra"

Deux ans après "Race The Night" (dont était tiré le magnifique single "Oslo"), les irlandais de Ash sont déjà de retour avec un nouvel album.
Le disque s'ouvre sur une version rock de "Ainsi parler Zarathoustra". Ca donne le ton : nous voilà parti pour un voyage intergalactique dans la démesure et le second degré. On pose le cerveau, on se laisse porter, décollage !
S'enchaînent alors plusieurs chansons très efficaces comme les anglais savent faire : des hits pops ("Which One Do You Want", "Give Me Back My World", "Keep Dreaming") et des plus électriques ("Fun people"). Tous les ingrédients sont en place pour divertir l'auditeur y compris une reprise sautillante de "Jump in The Line" d'Harry Belafonte, chanson qui, pour ma part, me replonge dans un autre univers fantastique... celui de Beetlejuice.
Le voyage se termine en apothéose avec le morceau "Ad Astra" accompagné d'un long solo de guitare épique (mais surtout de Graham Coxon de Blur !). S'il ne révolutionne pas le genre, "Ad Astra" est un album 100℅ distrayant.


Air - "The Virgin Suicides Redux"

En 2000, la French Touch bouleverse l'industrie musicale. Cette année-là, après avoir remporté un grand succès avec leur premier album "Moon Safari", le groupe français Air signait la bande originale du film de Sofia Coppola "The Virgin Suicides".
Au fil du temps, ce disque est devenu une référence et, pour fêter ses 25 ans, il ressort avec quelques versions alternatives mais surtout un nouveau mix analogique qui ravira les adeptes du groupe.
On redécouvre avec bonheur tous ces petits bijoux instrumentaux comme "Dirty Trip" ou "Bathroom Girl" sans oublier 
"Playground Love" chanté par Thomas Mars le leader de Phoenix, autre groupe culte Versaillais. La patte sonore de cet album c'est une alchimie parfaite entre des synthés vintages, des guitares acoustiques, le tout appuyés par une batterie fantastique... et bien sûr des thèmes mélodiques percutants.


 

12 oct. 2025

Wet Leg, Parcels, The Wants, The Black Keys : une sélection de haut niveau

Wet Leg - "Moisturizer"

Gros coup de cœur pour le deuxième album des britanniques de Wet Leg "Moisturizer".
Plus rock que le précédent grâce notamment à des titres comme "Liquidize" et "Catch These Fists", l'album est aussi encore mieux produit. Du riff de basse de "CPR" aux chœurs chorale de "U And Me At Home", les morceaux s'enchaînent dans un enthousiasme électrique (hormis une ballade émouvante, "11:21") où guitares et voix s'harmonisent. Un régal !

 

Parcels - "Loved"

Bonne nouvelle, les australiens de Parcels reviennent avec leur funk électro-cool. Voilà de quoi amener un peu de légèreté et de décontraction dans notre quotidien. Musicalement, on ne constate pas trop de changement dans le style : les guitares rythmiques et les synthés sont toujours omniprésents et les morceaux balancent quelque part entre French Touch et pop-rock. Si le chant, un peu en retrait et monotone, a tendance à instaurer un sentiment de répétition tout au long de l'album, l'atmosphère est agréable et plusieurs chansons ont ce petit truc sympatique qui donne envie d'y retourner. C'est le cas de "Tobeloved", "Safeandsound", "Yougotmefeeling" et "Summerinlove".
 
 


The Wants - "Bastards"

On n'avait plus entendu les américains de The Wants depuis 2020 et leur excellent premier album "Container".
On est donc ravi de se replonger dans leur musique qu'on pourrait qualifier de post-punk synthétique même si quelques morceaux flirtent avec le psychédélisme comme "87 Gas" et ces faux airs à la Pink Floyd période Syd Barrett. 
Des riffs entêtants ("No Need"), un son un peu brut, et la voix toute en tension du chanteur permettent de faire monter l'ensemble en intensité. 
 



The Black keys - "No Rain, No Flowers"

Certains diront que The Black Keys devient de plus en plus mainstream d'album en album. 
Mais ne boudons pas notre plaisir. Même si "No Rain, No Flowers" ne révolutionne pas le genre, l'album regorge de bonnes chansons pop dont les mélodies rentrent instantanément dans la tête, ainsi que de riffs et de solos de guitares au son recherché : "Down To Nothing", "On Repeat", "Make You Mine", "Man On a Mission". Plein de petits bonheurs simples. 


12 sept. 2025

50 ans, 50 albums, 50 chansons


Lien vers la playlist complète

2024 - Cage The Elephant - Neon pill

2023 - The Lemon Twigs - Corner of my eye

2022 - Marie-Flore - Je sais qu’il est tard

2021 - Weezer - Numbers

2020 - The Flaming Lips - Will You Return/When You Come Down

2019 - Jeanne Added - Mutate

2018 - Jonathan Wilson - Sunset Blvd

2017 - Kasabian - The Good Fight

2016 - Childish Gambino - Redbone

2015 - Balthazar - Bunker

2014 - The Do - Trustful hands

2013 - Girls in Hawaii - Not Dead

2012 - ALT-J - Matilda

2011 - Metronomy - The Look

2010 - Jeanne Cherhal - Canicule

2009 - Phoenix - 1901

2008 - Poni Hoax - Antibodies

2007 - MGMT - Time to Pretend

2006 - Emilie Simon - Alicia

2005 - Syd Matters - Obstacles

2004 - Arcade Fire - Wake Up

2003 - Radiohead - There There

2002 - Coldplay - Clocks

2001 - Daft Punk - Veridis Quo

2000 - Kent - Stop me june

1999 - Supergrass - Moving

1998 - Air - Sexy Boy

1997 - Bjork - Bachelorette

1996 - Cake - The Distance

1995 - Oasis - She’s electric

1994 - Garbage - Queer

1993 - Alain Souchon - Les filles électriques

1992 - Les Innocents - Un homme extraordinaire

1991 - Lenny Kravitz - It ain’t over till it’s over

1990 - Danny Elfman – Edward aux mains d’Argent

1989 - Noir Désir - Les écorchés

1988 - Renaud - Cent ans

1987 – Terence Trente d’Arby - Sign your name

1986 – Jean-Jacques Goldman - Confidentiel

1985 – Daniel Balavoine - L’Aziza

1984 - France Gall - Débranche

1983 - Michael Jackson - Thriller

1982 - The Alan Parsons Project - Eye in the sky

1981 - Ennio Morricone - Chi Mai

1980 – John Lennon - Watching the wheels

1979 - Pink Floyd - Another Brick In The Wall

1978 - Starmania - Le Rêve de Stella Spotlight

1977 - Meatloaf - Two Out of Three Ain't Bad

1976 – Paul McCartney - Let ‘Em In

1975 – The Rocky Horror Picture Show – Time Warp

 

Quelques détails sur les choix qui ont guidé l'élaboration de cette playlist
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2009
En 2024, le groupe français Phoenix assurait la partie musicale de la cérémonie de clôture des JO mais en 2009 il conquérait le monde avec leur album "Wolfgang Amadeus Phoenix" et gagnait même un Grammy aux États-Unis.

2008
Poni Hoax. Groupe culte passionnant, cité en référence par de nombreux autres artistes français ou internationaux, Poni Hoax est finalement peu connu du grand public. En 2008, c'est le single "Antibodies" qui les fait connaître et leur permet de tourner dans le monde entier. 

2007
Premier album du groupe MGMT, "Oracular spectacular" a été, en 2007, un des fleurons du nouveau rock psychédélique caractérisé par une forte utilisation de synthés aux sons vintages. Le disque est une collection de tubes, il a été difficile de choisir un morceau en particulier !
(le titre "Kids" est sans doute le plus connu mais le clip qui l'accompagne avec ce petit enfant poursuivi par des monstres, ça me fend trop le coeur).
 
2006
Un extrait live du troisième album d'Émilie Simon, sorti en 2006, peu de temps après avoir triomphé en réalisant la bande originale du film "La marche de l'empereur". Avec ce disque qui mélange chanson française, musique électronique et expérimentale, elle remportera sa troisième victoire de la musique (en 3 albums, ça fait une bonne moyenne). 
 
2005
Voici la chanson idéale pour accompagner une chaude et calme soirée d'été : "Obstacles" un morceau tiré du 2ème album de Syd Matters sorti en 2005. Le groupe français (qui chante en anglais) propose une musique pop-folk mélancolique, articulée principalement autour de la guitare acoustique et la douce voix de Jonathan Morali. Une influence majeure pour moi, vu plusieurs fois en concert !
 
2004 (puis finalement 2017)
Kasabian est un groupe qui cartonne au Royaume-Uni depuis la sortie de leur premier album en 2004 mais qui est, somme toute, assez peu connu en France : des dizaines de récompenses, des albums tous certifiés disques de Platine, et des tubes à la pelle. Au gré de leurs 8 albums studio, Kasabian a mélangé les genres pop, rock, électronique, musique orientale, hip hop, psychédélisme avec un sens du hit efficace (un peu trop parfois). 
 
2003
"There there" de Radiohead. Radiohead c'est pour moi un groupe hors catégorie comme le sont les Beatles ou Pink Floyd par exemple, un groupe qui explore les limites du rock en l'étirant vers l'électro, le jazz ou des sonorités plus expérimentales. 
En 2003, ils sortaient "Hail to the thief", une sorte de synthèse de leurs albums précédents avec toujours en fil conducteur la voix étrange et habitée de Thom Yorke, leur chanteur.
 
2002
"Clocks" de Coldplay. Lorsqu'il sort son premier album en 2000, le groupe est encensé par la critique et rapidement désigné comme les "nouveaux Radiohead". Mais c'est avec leur second album en 2002 que Coldplay va réussir à se démarquer et définir son style notamment avec "Clocks" et son incroyable riff de piano. 
 
2001
En 2001 sortait le deuxième album de Daft Punk, "Discovery". Avec ses multiples samples réarrangés de morceaux des années 70 et 80, le disque est une collection de tubes aux allures "Very Disco" qui permettra aux français d'imposer leur style dans le monde entier. L'album, qui se déguste encore mieux en regardant le film qui l'accompagne "Interstella 5555", comporte aussi quelques morceaux calmes comme celui-ci.
 
2000
Ce que les journalistes ont appelé la "French touch" bat son plein en l'an 2000 avec "Lady" de Modjo qui passe en boucle à la radio. Mais j'avais plutôt envie d'une bonne chanson mélancolique pour illustrer l'an 2000. Et ça tombe bien, il y en a une que j'adore sur l'album "Hagnesta Hill" enregistrée par un groupe pop-rock suédois (Kent) quasiment inconnu en France mais multi récompensé dans leur pays. Une chanson qui monte en intensité tout doucement comme je les aime. 
 
1999
Ah les années 90 ! Quelle belle décennie musicale. C'est l'émergence de la French-Touch mais aussi la grande époque de la britpop (Oasis, Blur, Travis, Stereophonics....). Parmi tous ces groupes anglais, il y en a un que j'aime particulièrement : Supergrass. C'est frais, sautillant et diablement bien arrangé. Leurs chansons sont associées à plein de bons souvenirs. Voici un extrait de leur 3eme album (surnommé "The X-ray album") sorti en 1999.
 
1998
En 1998, quand on découvre " Sexy Boy", le single extrait du 2eme album de Air, "Moon Safari", on adore : c'est français, entre pop et électro, plein de sonorités de synthés bizarres, et il y a ce clip un peu étrange avec un singe... Totalement inclassable pour nous à l'époque ! Le duo français fera d'autres disques formidables par la suite mais c'est ce deuxième album qui restera leur pièce maîtresse. La preuve, après l'Europe ils sont en tournée actuellement aux États-Unis pour jouer exclusivement cet album sur scène plus de 25 ans après. 
 
1997
Plusieurs de mes albums préférés sont sortis dans les années 90 et 1997 remporte la palme de l'année la plus cultissime avec "OK computer" de Radiohead, "In it for the money" de Supegrass, "La bonne attitude" de Sinclair et... "Homogenic" de Björk. C'est donc l'occasion de parler aujourd'hui de l'immense talent de l'artiste islandaise, son univers électro expérimental dingue, sa voix puissante et possédée qui donne des frissons....et un univers visuel tout aussi génial ! 
Petite anecdote : j'ai été interviewé par TF1 sur les Champs Élysées en train de faire la queue à 6:00 du matin pour acheter des places pour son concert.
 
1996
Contingent 96/10 garde à vous ! Enrôlé pour les 10 mois du service militaire sur la base de Romorantin, l'appelé qui "travaille" avec moi (Moïse, un nom qu'on n'oublie pas) est un adepte de rock indé. Un jour il me fait découvrir les américains de Cake et j'ai très vite était séduit par leur style, mélange de rock, de country, de rap et, plus inhabituel, de mariachi avec leurs trompettes omniprésentes. En plus, leurs mélodies sont imparables ! On est allé les voir en concert à Paris à l'Elysée-Montmartre, c'était une soirée super sympa :-) 
 
1995
Il y a 30 ans, on jouait Starmania à Romorantin devant des milliers de spectateurs enthousiastes (enfin c'est ce que ma mémoire un peu sélective a retenu en tout cas). Mais le phénomène musical de 1995 c'est Oasis qui cartonne avec son album "(What's the story) Morning Glory" et son avalanche de tubes britpop ("Wonderwall", "Don't look back in hanger"...). Un ami anglais nous avait expliqué qu'Oasis avait pillé allègrement les Beatles : look, musique, harmonies et même le vocabulaire. Les membres du groupe ne s'en sont d'ailleurs jamais caché mais quel album fantastique au final ! 
 
1994
J'ai toujours affectionné les groupes de pop-rock avec des femmes au chant. Peut-être pour le contraste entre les sonorités graves des guitares et celles plus aiguës de la voix. Et ça tombe bien, il y a plein de bons groupes dans cette configuration : The Cranberries, No Doubt, Evanescence, Portishead, Sprints, The Breeders, Wet Leg, The Last Dinner Party... 
Et en 1994, le groupe Garbage enregistre son premier album. "Queer", "Stupid girl", " Milk", "Supervixen", c'est le début d'une longue série de hits bien ancrés dans leur époque.
  
1993
1993 c'est l'année du bac pour moi. A l'internat on écoute Elmer Food Beat et la Mano Negra mais le week-end, c'est le nouvel album d'Alain Souchon, "C'est déjà ça", qui tourne en boucle. Souchon a un regard mélancolique et désabusé sur la société qui est vraiment unique. Et puis il y a cette chanson, " Foule sentimentale", tellement parfaite dans le message et dans la forme ! 
Mais comme je suis sûr que vous la connaissez par coeur, j'ai choisi un autre extrait de l'album ;-)
 
1992
Avec Etienne et Julien, on organise notre première session d'enregistrement en 1992 avec, à la clé, des tubes comme "La polka du diable", " Voyage pour Istanbul", "Géraldine" dont (heureusement) il n'y a aucune trace sur internet. 
Les textes sont loin d'égaler ceux des Innocents qui sont pour moi un modèle d'écriture : des jeux sur les sonorités, du double sens, du non-sens... A l'auditeur d'interpréter comme il veut. Leurs paroles atteindront des sommets sur l'album "Post Partum" mais, cette année-là (rien à voir avec 62), ce sont les chansons de l'album "Fous à lier" qu'on chante à tue-tête (entre deux morceaux de Nirvana, sacré contraste). Les voir en concert aura été l'occasion pour moi de participer à mon premier Printemps de Bourges.
 
1991
Après une décennie 80's dominée par les synthés (pas toujours de bon goût d'ailleurs), 1991 signe le retour au premier plan du rock à guitares. Nirvana envahit les ondes avec le grunge de "Nevermind", Gun's and Roses surfe sur le succès du film Terminator 2, et Lenny Kravitz perce définitivement avec son album "Mamma Said". Sur ce dernier, les influences de Jimi Hendrix, John Lennon, Led Zeppelin et de la Motown sont flagrantes, et pour notre petite bande d'amis fans des années 60 (Manu en tête) c'était du pain béni. Comme à son habitude, Kravitz assure chant, guitare, piano, basse et batterie sur tous les morceaux.
 
1990
Ambiance féerique dans la playlist avec un extrait de la bande originale du film "Edward aux mains d'argent", sorti en 1990, composée par Danny Elfman. Le musicien a participé à de nombreux projets TV et ciné ("Men in black", "Les Simpson"...) mais, dans l'imaginaire collectif, il est surtout associé aux films de Tim Burton tant son univers musical complète parfaitement l'univers visuel du réalisateur. Que seraient "Beetlejuice", "Batman", ou "L'étrange Noël de Mr Jack" sans ses musiques ! 

1989
Depuis le meurtre de Marie Trintignant c'est délicat de parler de Noir Désir. Et pourtant ce groupe est associé à tellement de moments forts que j'y suis presque obligé.
On est allé les voir à Vitrolles quand le maire FN voulait fermer une salle de concert, on a hurlé et dansé sur "Tostaky" à la fac, on a écouté presque religieusement à l'internat les paroles des "Écorchés" et du "Fleuve". Quant à l'album "Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)", sorti en 1989, on l'a passé en boucle avec Vincent lors d'un week-end à Tours. Bref, un groupe incontournable pour des adolescents en quête de sens et d'envie au début des années 90.
 
1988
Avec son regard sur le monde tantôt révolté tantôt résigné, son langage argotique et sa faculté de toujours trouver un angle d'attaque original pour aborder un thème , Renaud était médiatiquement incontournable dans les années 80 (collectif pour l'Éthiopie, le scandale "Miss Maggie", le film " Marche à l'ombre"...). 
En 1988, Renaud sort "Putain de camion" en hommage à son ami Coluche mort deux ans auparavant (Renaud était parrain de Romain, un des fils de Coluche). Au milieu de plusieurs morceaux qui sont devenus des classiques de son répertoire ("Socialiste", "La mère à Titi", "Triviale poursuite"), il y a cette petite chansonnette aux paroles excellentes et qui est en plus parfaitement adaptée à cette période d'anniversaire.
 
1987
En 1987 sort le premier album de Terence Trent d'Arby, "Introducing the hardline according to Terence Trent d'Arby". Mélange de pop-rock et de soul, le disque est acclamé par les critiques et le chanteur est considéré alors comme le futur Michael Jackson, même s'il ne confirmera finalement pas les attentes. En plus d'être un album que j'aime beaucoup, il a une place particulière car je pense que c'est le premier album que j'ai acheté, en K7 à l'époque  (ça se joue entre lui et "Diesel and dust" de Midnight Oil). 
Ne soyez pas étonné par le nom de l'interprète sur la vidéo, je découvre que le chanteur a changé de nom en 2001.
 
1986
Quand on regarde les classements du Top 50 de l'année 1986, on a l'impression d'être devant un best of des années 80 : Mylène Farmer "Libertine", Gold " Capitaine Abandonné ", Jeanne Mas " En rouge et noir", Images "Les démons de minuit", Niagara " L'amour à la plage", Téléphone "Le jour s'est levé", A-Ha " Take on me", "Bananarama " Venus", Madonna "Papa don't preach", Lionel Richie" Say you say me", The Communards "Don't leave me this way", Europe " The final countdown ", Cock Robin " When your heart is weak"... Et j'en passe, c'est assez impressionnant.
Et puis il y a du Goldman, beaucoup de Goldman. Et oui, pour 1986 c'est Jean-Jacques qui est à l'honneur. Il faut dire qu'il a accompagné toute notre génération pendant 20 ans, les boums du samedi, les danses du nouvel an, les moments de spleens étudiants... 
L'année 86 a été marquée par la mort de Coluche et de Balavoine, et, en janvier, il rendait hommage en direct à ce dernier avec cette chanson émouvante.
 
1985
Ah les années 80, une époque où on avait l'impression que le monde tournait un peu plus rond chaque jour. Fin de la guerre froide, Union Européenne, les Restos du coeur, SOS Racisme... le temps était à la fraternité. 
Qui de mieux que Balavoine pour l'incarner ! 
En 1985 sort son dernier album "Sauver l'amour" plus que jamais emprunt d'humanité mais aussi d'un certain fatalisme. J'ai l'impression qu'on a écouté ce disque en boucle lors de nos vacances d'été suivantes.
 
1984
En 1984 France Gall sort l'album "Débranche !". Avec le recul, c'est peut-être le disque issu de sa collaboration avec Berger qui a le moins bien vieilli ; il sonne vraiment très années 80 avec des synthés et des boîtes à rythme typiques mais pas toujours de bon goût. Mais, paradoxalement, je pense que c'était ce qui nous plaisait à l'époque et, en 84, "Calypso", "Hong Kong Star" et "Débranche !" ont longtemps monopolisé le tourne-disque du salon. Et puis il y a quand même deux petites perles sur cet album : le délicat "J'ai besoin de vous" et le poétique "Cézanne peint". 
 
1983
1983 c'est la révolution. Michael Jackson vient de sortir l'album "Thriller" et les frontières bougent. Musicalement il mélange les styles (Funk, Rock, Soul, Pop, R&B...) et casse les codes. Mais c'est surtout visuellement qu'il va frapper un grand coup avec ses clips montés comme des films, ses danses, le mystère entretenu sur son mode de vie (singe, caisson, couleur de peau...).
Dans chaque fête par la suite, on avait toujours quelqu'un pour se lancer dans un Moonwalk approximatif (généralement Alexandre dans mon cas) mais encouragé frénétiquement par l'assistance.
Et puis il y a le clip de "Thriller" ! Quelle claque ! La musique, la transformation en loup-garou, les zombies qui dansent. On avait réussi à l'enregistrer sur K7 VHS et on l'a regardé un nombre incalculable de fois, parfois juste avant d'aller à l'école le matin. Mais, la vue de morts-vivants si jeune ne nous a finalement pas traumatisés.
 
1982
En 1982 le groupe The Alan Parsons Project sort ce qui deviendra son plus grand succès "Eye in the sky", petit clin d'oeil (c'est le cas de le dire) à "1984" de George Orwell. Alan Parsons a commencé comme ingénieur du son (pour les Beatles et Pink Floyd notamment) avant de se lancer dans la composition. Si les premiers disques du groupe étaient des albums concept de rock progressif (le premier sur les oeuvres d'Edgar Poe, et le second sur "Les robots" d'Asimov, deux albums fantastiques je les conseille vivement), "Eye in the sky" se veut plus abordable et va cartonner dans le monde entier grâce à la chanson "Eye in the sky" et les instrumentaux "Mammagamma" et "Sirius" maintes fois utilisés au cinéma (récemment dans "L'amour ouf" d'ailleurs). Le genre de musique qui me relaxe instantanément. 
 
1981
En 1981, Belmondo est à l'affiche du film "Le professionnel" dont Ennio Morricone signe la musique avec un thème devenu emblématique (un peu aussi grâce à Royal Canin peut-être). 
Dans les années 80, on achetait régulièrement des albums de bandes originales de films. Il faut dire qu'énormément de longs métrages avaient une véritable identité sonore ("Midnight express", "Le grand bleu", "Indiana Jones"...) sans parler de tous les films axés sur la danse (" Flashdance", "Footloose", " Dirty dancing"...). 
Et Ennio Morricone est pour moi associé à des films de Sergio Leone que je ne me lasse pas de revoir (la Trilogie du dollar notamment).

1980
Nous voici en 1980. Cette année là, après avoir passé 5 ans reclus dans son appartement de Central Park à élever son fils, John Lennon sort ce qui sera son dernier album. En paix avec lui-même, le disque est une ode à la vie de famille et s'articule autour d'un format original puisqu'il alterne le chant avec sa femme, Yoko Ono, une chanson sur deux (d'où le nom de l'album : "Double fantasy"). Au final, ça revient à passer une chanson sur deux car, bon, la voix de Yoko.... (et encore elle n'est plus dans sa période "enfermée dans un sac à pousser des hurlements aigus"). Il sera assassiné quelques jours après, devant chez lui, alors qu'il allait souhaiter une bonne nuit à son fils avant de retourner en studio.

1979
C'est l'année de sortie de " The Wall" par Pink Floyd. Depuis l'album "The Dark Side of the Moon", les Floyd sont devenus des superstars mais ils supportent mal la célébrité et rêvent de bâtir un mur sur scène entre eux et les fans hystériques. Ce sera le début du concept. Le disque relate finalement la santé mentale déclinante d'un homme (accumulation de traumatismes, enfance, éducation violente, drogue...) dont l'esprit se réfugie petit à petit derrière un mur.
Un album puissant et malaisant qui sera magnifiquement mis en image par le réalisateur Alan Parker quelques années plus tard pour le cinéma.

1978
En 1978 c'est la sortie de la première version de Starmania ! Et oui cet opéra-rock aura bientôt 50 ans lui aussi. On l'a déjà dit mais l'histoire de Zéro Janvier, ce businessman d'extrême droite qui se lance en politique et devient président de l'Occident, n'a jamais été autant d'actualité. Et, bien sûr, il y a en toile de fond la course à la popularité que mènent la plupart des personnages dont Stella Spotlight qui, pour relancer sa carrière d'actrice, trahit ses convictions et se marie avec Zéro Janvier.

1977
Le chanteur Meat Loaf sort l'album "Bat out of hell", un disque aujourd'hui peu cité en référence et pourtant c'est le 5eme album le plus vendu de tous les temps. Derrière "Thriller" et "The dark side of the moon", il devance n'importe quel disque des Beatles, de Led Zeppelin ou d'Adèle par exemple. L'album réussit à être musicalement très travaillé avec ses mélodies accrocheuses, ses longs morceaux aux multiples changements, son mélange de morceaux rock et de belles ballades mais également très léger avec ses paroles pleines d'humour et d'autodérision comme sur "Two out three ain't bad" qu'on pourrait traduire par "deux sur trois c'est pas mal".

1976 
Je vous ai mis du Lennon dans la playlist en 1980, il fallait bien que je vous mette du McCartney pour équilibrer le binôme créatif des Beatles. Et ça tombe bien car, en 1976, Paul est au sommet avec son groupe Wings. Après des débuts difficiles suite à la séparation des Beatles, il retrouve le succès. Il revient d'une énorme tournée mondiale, a composé la musique d'un James Bond, ses singles se vendent par millions et l'album qui vient de sortir ("Wings at the speed of sound") contient une de ses meilleures chansons : "Let 'em in".

Et voilà 1975
La logique de cette playlist est de choisir une chanson d'un de mes albums préférés de l'année concernée. Et pour 1975, ce sera donc un extrait du Rocky Horror Picture Show.
D'abord parce que c'est une comédie musicale et puis surtout parce que les chansons sont tellement sympas, c'est l'album parfait pour démarrer la journée du bon pied. 
Une petite vidéo avec l'arrivée de Brad et Janet (damnit! ) au château de "Frankenstein".
 
 

 
 
 
 
 

 

28 août 2025

Pulp, Ty Segall et Matt Berninger assurent la rentrée

Pulp - "More"

S'il y a un retour qu'on n'attendait pas c'est bien celui de Pulp. Incontournable dans les années 90, le groupe n'avait plus rien sorti depuis près de 25 ans et n'était plus vraiment actif. Et le moins qu'on puisse dire c'est que le retour est réussi car c'est incontestablement un des meilleurs albums de cette année ! Le groupe ne cherche pas à moderniser sa recette et reste conforme à son style britpop. Mais ça ne signifie pas non plus que le travail est bâclé bien au contraire car on ressent que Pulp y met du cœur et de l'intensité comme sur le morceau "Tina" et ses cordes impeccables. Cette force passe aussi par les envolées du chant de Jarvis Cocker ("Spike Island", "Grown Ups", "Slow Jam") et ses faux airs de David Bowie. Il y a énormément de bons titres dans cet album à ne pas rater.



Matt Berninger - "Get Sunk"


Le chanteur du groupe américain "The National" nous embarque pour un nouvel album solo cette année.
Et c'est une vraie réussite, dès la première écoute on est séduit par la beauté de son ambiance mélancolique, tout en sobriété dans les arrangements, qui semble nous envelopper. Et cette ambiance est notamment instaurée par la magnifique voix de crooner du chanteur qui use (sans abuser) d'un détachement et d'un phrasé presque parlé ("Nowhere Special") ce qui n'empêche pas à de belles mélodies d'émerger ("Frozen Oranges", "No Love", "Little By Little"). "Get Sunk" est un écrin soyeux pour y faire reposer son spleen.



Ty Segall - "Possession"

Alors qu'on identifie plutôt Ty Segall au garage-rock, le compositeur revient cette année avec un album qui est une magnifique plongée dans des sonorités 70's. Mais il est vrai que le musicien est un touche-à-tout très productif. Les arrangements acoustiques (piano, cordes, cuivres) et les guitares électriques aux effets vintages s'associent au gré de mélodies et d'harmonies qui nous ramènent 60 ans en arrière comme sur "Shoplifter". Chaque morceau possède néanmoins sa propre identité  ("Buildings", "Hotel") et on n'est par conséquent jamais confronté au sentiment de répétition auquel on pourrait s'attendre. Un bel exercice de style !



24 juin 2025

Arcade Fire, Animal Triste, Marie-Flore : des artistes confirmés et d'autres qui confirment

Animal Triste - "Jericho"

Après un premier disque exceptionnel (sorti en 2020) et un deuxième en demi-teinte, Animal Triste fait son retour avec un nouvel album plus rock que jamais. Le premier morceau "Ave Satan" donne le ton : nous voilà plongés dans une épopée démoniaque. Les guitares électriques s'en donnent à cœur joie, le chanteur (en grande maîtrise) fait monter en intensité les morceaux et les chœurs ajoutent ce petit truc en plus pour parfaire l'ambiance dantesque et ténébreuse.
Des mélodies impeccables, des arrangements très riches, des titres puissants comme "River of Lies" ou "Teenage Wheels", on ne s'ennuie pas une seconde dans cet excellent nouvel opus.




Arcade Fire - "Pink Elephant"

Arcade Fire fait partie des mastodontes de l'industrie musicale, le groupe remplit les plus grandes salles du monde et est suivi par une importante communauté de fans.
Après un précédent album ("WE") de très bonne facture (sans atteindre le niveau des premiers opus du groupe comme "Funeral" et "The Suburbs" par exemple), on était dans une position d'attente positive avant d'écouter "Pink Elephant", et ce malgré les déboires judiciaires actuels du leader Win Butler.
L'album semble vouloir être un retour aux sources, avec des arrangements globalement plus épurés, et on a même parfois le sentiment d'écouter des morceaux encore à l'état d'ébauche. Malgré cela, force est de constater que le groupe a toujours la patte pour écrire de bonnes chansons qui restent en tête ("Circle of Trust") avec toujours une petite dose d'originalité ("Alien Nation"). Les chansons s'enchaînent (littéralement) et si, au final, ce disque n'est sans doute pas le meilleur du groupe, il reste néanmoins un excellent album avec de très bons moments comme "I Love Her Shadow".


 

Marie-Flore - "Ex Aequo"

Cinquième album pour Marie-Flore et le troisième en français. La chanteuse reste dans le registre dans lequel elle excelle à savoir les chansons de rupture. Vraiment pas de chance en amour cette pauvre Marie-Flore, à croire qu'elle n'arrête pas de se faire plaquer depuis des années.
Musicalement, les boîtes à rythmes des premiers albums ont cédé la place à une orchestration plus classique, qui tourne majoritairement autour du piano avec quelques touches de cordes parfois.
Si la recette est inchangée, la chanteuse réussit à susciter l'intérêt grâce à un sens de la formule qui fait mouche ("Tout dit") et une manière de chanter bien à elle (avec des syllabes en contretemps) qui fait son originalité. Elle surprend même en lâchant un peu plus sa voix sur "Que veux tu". Son univers mélancolique un brin résigné se termine en beauté avec le parfait "De Nous Deux".



22 mai 2025

Des jeunes et des anciens avec Brian d'Addario, Snow Patrol, Poni Hoax et Pink Floyd

Brian d'Addario - "Till The Morning"

Brian d'Addario n'est autre qu'une moitié de The Lemon Twigs, groupe américain rétro-psychédélique qu'il mène avec son frère Michael.
Après deux albums coup sur coup en 2023 et 2024, on était curieux de découvrir ce qu'il avait à proposer pour son premier disque en solo.
Finalement le résultat est très proche de l'ambiance musicale des derniers opus réalisés en groupe : un son acoustique très seventies et des mélodies pop.
Guitares, pianos, orgues, cordes s'entrecroisent dans une ambiance hippie au gré de belles harmonies vocales comme "Only To Ease My Mind", "Useless Tears" ou "Spirit Without A Home".
Une production soignée qui fait du bien aux oreilles.


Snow Patrol - "The Forest is The Path"

Avec trente ans de carrière et des tubes en pagaille, Snow Patrol est de retour avec un huitième album "The Forest is The Path".
Et le bilan est sans appel : ils n'ont pas pris une ride !
Toujours cette musique pop-rock fraîche et efficace, toujours ces arrangements avec dominance piano-guitare.
Ceux qui voudront que Snow Patrol mûrissent et partent dans une nouvelle direction devront donc patienter un peu.
Même s'ils ne prennent pas de risque, "The Forest is The Path" offre d'excellents moments comme "The Beginning" où le chanteur montre l'étendue de son talent entre couplets en retenue et refrain qui monte en puissance, ou comme sur le final en boucle de "Never Really Tire"...
Sorti en 2024, l'album revient cette année en version étendue avec six morceaux supplémentaires qui tiennent plus que bien la route.



Poni Hoax - "Greatest Hits: Everything Is Real"

C'est le plus injustement méconnu des meilleurs groupes français de ces vingt dernières années. Quatre ans après la mort de Nicolas Ker, son chanteur emblématique, Poni Hoax sort un best of qui permet de nous replonger dans la discographie du groupe.
Cette rétrospective rassemble les tubes de leurs débuts ("Antibodies", "Budapest") et des classiques de leurs albums suivants ("Pretty Tall Girls", "The Music Never Dies") mais aussi deux excellents inédits ("Country Leather" et "Jesus Told Me Too").
A l'écoute de ces chansons dont le style est difficile à établir (rock, électro...), on est toujours autant ébahis par l'originalité des compositions (qui tient beaucoup à l'interprétation de Nicolas Ker) mais aussi par leur énergie impulsée par un batteur techniquement impressionnant et des guitares rythmiques diablement efficaces.
Si vous ne connaissez pas encore Poni Hoax, courrez les écouter.




Pink Floyd - "Live at Pompeii"

Étonnamment ce légendaire live des Pink Floyd à Pompéi n'était jamais sorti en version album.
C'est chose faite à l'occasion de la sortie au cinéma d'une version restaurée du film et de la remasterisation du son qui l'accompagne.
On y retrouve toutes les chansons jouées en condition de live et figurant dans le film à savoir les trois titres enregistrés à Pompéi ("Echoes", "A Saucerful of Secrets" et "One of These Days") et les trois enregistrés au studio d'Abbey Road ("Careful with That Axe, Eugene", "Set the Controls for the Heart of the Sun" et "Mademoiselle Nobs") mais aussi deux versions alternatives de "Careful with That Axe, Eugene" et "A Saucerful of Secrets".
Enregistré et filmé en 1971, Pink Floyd est alors à une époque charnière de sa carrière. A l'apogée de sa période psychédélique, le groupe vient de sortir l'album "Meddle" avec comme pièce maîtresse "Echoes" qui s'annonce comme un avant goût de leur futur chef d’œuvre "The Dark Side of The Moon" qui définira définitivement le son Pink Floyd.
Le groupe est en pleine maîtrise et chaque morceau est prétexte à de longs solos instrumentaux épiques et planants.
Même si ce live se savoure encore mieux avec les images, on ne peut qu'être satisfait du travail de remasterisation effectué sur ce concert incontournable des Pink Floyd.




4 mai 2025

Les disques qui m'ont marqué #8 : Renaud à Bobino

 

Renaud fait partie de ces artistes incontournables de la variété française. Même s'il divise bien sûr, de part son engagement marqué à gauche notamment, il est de ceux tout le monde connaît au moins une chanson.

C'est un pote de lycée, Matthieu, qui m'a réellement fait découvrir son univers. Je connaissais bien évidemment quelques morceaux de Renaud, on en entendait parler régulièrement à la télé, à la radio.
A l'époque, impossible de passer à côté de chansons comme "Miss Maggie", "Morgane de toi", "La Mère à Titi", "Dès que le vent soufflera" ou "Marchand de Cailloux".

Retour au début des années 90.
Un mercredi après-midi, chez lui, Matthieu propose de me concocter une compilation de ses chansons préférées de Renaud. Il met une cassette dans sa chaîne HI-FI et y enregistre un à un une quinzaine de morceaux, enchaînant les vinyles sur la platine, tout en riant.
"Ah faut absolument que je te mette celle-là ! Et celle-ci ! Et puis celle-là !". On voyait qu'il connaissait son répertoire par cœur et prenait un malin plaisir à sélectionner ces petites perles. 

Je ne me souviens pas précisément bien sûr de tous les titres qui figuraient sur cette bande mais il y avait principalement des chansons peu connues (pour moi en tout cas) du chanteur comme "Je suis une bande de jeunes", "Le Père Noël noir", "Ma chanson leur a pas plu", "La Doudou s'en fout", "Allongé sous les vagues", "La tire à Dédé"... Des chansons "humoristiques" en majorité donc.

La cassette a tourné de nombreuses semaines dans ma chambre à l'internat, pour le plus grand (réel) bonheur de mes "copains de chambrée", et a accompagné les trajets en voiture de plusieurs de nos vacances en famille. Rien de tel pour mettre de l'ambiance sur les longues distances ! 

Une magnifique découverte donc. Ce n'est pas peu dire que Renaud sait faire rimer les mots comme personne. On trouve dans ses textes un vocabulaire qu'on ne trouve pas ailleurs dans la chanson française, sans parler bien sûr de toutes les expressions argotiques qu'il affectionne plus que tout.

Des textes souvent drôles mais surtout très engagés avec un regard critique sur la société française et l'être humain de manière générale. Rien de tel pour forger les convictions d'un adolescent en quête de sens. 

Et, je ne sais pas pourquoi, mais ce sont les quelques extraits de l'album live de Renaud à Bobino qui m'ont interpellé et donné envie d'acheter l'album complet pour l'écouter en détails.

J'ai par la suite complété ma collection de ses albums jusqu'à en avoir l'intégralité avec des hauts ("Putain de camion" pour ne citer que celui-là) et des bas (doit-on vraiment évoquer ses derniers albums sur ce blog) comme chez tout artiste.

Quand on écoute Renaud, on rit, on pleure, on se révolte, on se résigne, on est attendri, écœuré... il se passe toujours quelque chose.

 

Mais c'est sans conteste vers ce live à Bobino que je reviens toujours.
Enregistré en 1980, avant ses superproductions "Morgane de toi" et "Mistral Gagnant", il y règne tout ce qui fait le charme de la première période de Renaud, ce qu'on appelle communément sa période "loubard" : une simplicité, un petit côté bricolé, des arrangements plus épurés, des textes plus directs, un regard tendre sur la vie en banlieue parisienne, et une galerie de personnages dont certains vont devenir récurrents dans sa discographie. 

Sur scène, Renaud et ses musiciens vont réussir à monter d'un cran les versions studios de ses premiers albums.
Les guitares électriques apportent l'intensité qu'il manquait parfois sur des titres comme "Société tu m'auras pas" ou "Dans mon HLM", l'accordéon de Jean-Louis Roques sa touche d'émotion sur "Les charognards" ou "La chanson du loubard", et le pedal-steel guitar (assez inhabituel dans son répertoire) de Laurent Jérôme va faire le liant entre tous ces morceaux issus de différents albums. Et pour finir, Renaud vit comme jamais chacun de ses textes.
Certains morceaux assez anecdotiques (comme "Mimi l'ennui" ou "Baston!") vont prendre une toute autre dimension ici, dans l'écrin du théâtre de Bobino parfaitement adapté à ce répertoire et à une ambiance plus intimiste.


Au début des années 1980, alors qu'il s'apprête à devenir une star, rongée bientôt par son coté "docteur Renard", l'authenticité qui règne dans ce concert à Bobino en fait un disque idéal pour se plonger dans l'univers de Renaud.

 

1 avr. 2025

Du rock, de la pop et de l'électro avec The Murder Capital, Horsegirl, François & The Atlas Moutains et Maribou State

François & The Atlas Mountains - "Age Fleuve"

En activité depuis vingt ans, François & The Atlas Mountains fait partie de ces groupes ardents défenseurs d'une pop française de qualité.
Sur "Age Fleuve", de sa voix aiguë, le chanteur François Marry, marqué par le récent décès de son père, nous conte le temps qui passe à travers des chansons douces et aériennes. Sans tristesse ni mélancolie, les paroles traduisent sa volonté de profiter du moment présent ("Adorer") et de ses proches ("Le Fil"). Les arrangements, variés et originaux, mettent idéalement en valeur leurs textes. Qui a dit qu'on ne pouvait pas faire de la bonne pop en France !

 

The Murder Capital - "Blindness"

Le mouvement post-punk a toujours le vent en poupe, séduisant un auditoire toujours plus large amoureux de rock brut et de paroles socialement engagées. Dans ce monde tempétueux, les groupes irlandais font figure de locomotive avec notamment Fontaines D.C. (leur album Romance a mis la barre très haute) et The Murder Capital donc.
Dans "Blindness", The Murder Capital fait rugir les guitares électriques ("Moonshot", "Can't Pretend to Know") mais s'offre quelques incursions plus pop (les très efficaces "Words Lost Meaning" et "A Distant Life") et décoche des morceaux plus langoureux comme les émouvants "Love of Country" et "Swallow".
Un album post-punk qui sait sortir des sentiers battus.

 

Horsegirl - "Phonetics On and On"

Le trio féminin Horsegirl fait son grand retour en ce début d'année. Si le premier disque des américaines était rock et riche en distorsion, ce second opus est sans chichi et sans effet. Des guitares au son brut, des morceaux (faussement) épurés, des voix un peu vaporeuses et des choeurs remplis de shabadada et de youhou...
Si, au premier abord, l'album surprend, on est très vite séduit par la légèreté et la bonne humeur du concept avec en particulier d'excellents titres comme "Switch Over", "Where'd You Go?" ou "Julie".

 

Maribou State - "Hallucinating Love"

Petite incursion électro ce mois-ci grâce au nouveau disque de Maribou State, "Hallucinating Love". Derrière un aspect assez classique dans ces arrangements (synthés, guitares, basse, drums), le duo britannique propose un album positif et groovant grâce à des guitares funky et des collaborations vocales éclectiques ("Otherside", "II Remember"). Sans chercher à être transcendant, "Hallucinating Love" est le disque idéal pour des soirées électro-smooth.



 

27 févr. 2025

Des anciens avec Kim Deal et Franz Ferdinand mais aussi du sang neuf

Kim Deal - "Nobody Loves You More"


A 63 ans, la chanteuse des légendaires groupes Pixies et Breeders sort son premier album solo "Nobody Loves You More".
Si l'esprit rock indé est toujours intact, les morceaux sont plus apaisés et agrémentés de cordes ( "Nobody Loves You More", "Are You Mine? ) ou de cuivres ("Coast").
Quelques morceaux plus relevés viennent néanmoins bousculer cette quiétude comme "Crystal Breath", superbe morceau rock et électro, "Disobedience" ou "Big Ben Beat", histoire de bien nous montrer d'où elle vient.


Franz Ferdinand - "The Human Fear"

20 ans après leur premier disque, les inusables britaniques de Franz Ferdinand sont toujours verts. Des chansons euphoriques, des mélodies accrocheuses, des morceaux construits autour de riffs de guitares efficaces, voilà un album qui redonne le sourire.
Autour d'arrangements pop-rock plutôt classiques, guitare batterie basse synthés piano, les hits se succèdent ("Audacious", "Everydaydreamer", " "Night or Day" emmené par un piano claquant) entrecoupés de morceaux plus atypiques comme un "Hooked" très synthétique, et le folklorique "Black Eyelashes" qui vient nous rappeler les origines grecques de la famille du chanteur Alexander Kapranos.
Un album fun du début à la fin. 

 

Kit Sebastian - "New Internationale"

Kit Sebastian est un duo franco-turc qui vit en Angleterre. Voilà sans doute pourquoi leur album "New Internationale" est une véritable invitation au voyage où se mêlent de nombreuses influences du monde entier, qui puise aussi bien dans les musiques européennes qu'orientales.
Il s'en dégage une sensation de rock psychédélique décalé où la complémentarité des deux voix, masculine (grave et atone) et féminine (douce et aérienne), fait mouche ("Camouflage").
C'est frais, dépaysant, on navigue dans un univers qui semble sans règle et sans limite.


 

29 janv. 2025

The Cure, Kiwanuka, Warhaus, on démarre 2025 sous les meilleurs auspices

Michael Kiwanuka - "Small Changes"

Sorti en 2024, le nouvel album du chanteur britannique Michael Kiwanuka, "Small Changes", a été acclamé par les critiques. Et il y a de quoi !
Avec son songwriting folk et soul, le disque est une véritable plongée dans des sonorités 70's douces et chaleureuses. La voix chaude à la Otis Redding de Michael Kiwanuka nous accompagne le long de magnifiques morceaux rétro et réconfortants comme "Floating Parade", "Small Changes" ou le diptyque "Lowdown" dans lequel percent des sonorités de guitares Floydiennes. Un vrai bijou ! 


Warhaus - "Karaoke Moon"

On le sait car on le suit de près, Maarten Devoldere, un des chanteurs du groupe Balthazar, mène en parallèle une carrière solo sous le pseudonyme de Warhaus.
Et c'est toujours un plaisir de retrouver la voix de crooner et les arrangements classieux de l'artiste belge. Mais ce qui frappe à l'écoute de "Karaoke Moon" c'est la qualité des paroles. Basés sur un recueil de ses rêves, les textes de Warhaus sont plus que jamais riches et étranges ("The Winning Numbers") même si le thème de l'amour et de la séparation est bien évidemment toujours présent.
Après une première vidéo qui reprenait la scène culte de la bougie tirée du film "Nostalghia" d'Andreï Tarkovski pour illustrer la chanson "Where The Names Are Real", c'est l'excellent single "No Surprise" qui est lancé en ce début d'année pour faire la promotion de cet (encore une fois) excellent disque de Warhaus.


The Cure - "Songs of a Lost World"

C'est le retour au top qu'on n'attendait pas. 2024 aura vu le retour de la bande de Robert Smith tout en haut des classements. Plus de 40 ans de carrière, et aucun album depuis 15 ans, et pourtant les anglais de The Cure sont revenus plus inspirés que jamais. Avec ses guitares tranchantes, ses longues pièces prog-rock, ses paroles mélancoliques, l'album "Songs of a Lost World" est porté par un élan émotionnel indéniable ("And Nothing is Forever", "A Fragile Thing"). Comme quoi les mastodontes du rock ne sont pas seulement là pour faire de la figuration mais ont toujours quelque chose de neuf à offrir.
 

 




22 janv. 2025

Les Productions PsyJazzPop présentent...

En cette période de traditionnelle cérémonie des voeux, le moment est idéal pour vous souhaiter à toutes et à tous, chers lecteurs et lectrices de ce blog, une excellente année 2025, riche en musique de qualité on l'espère.


2024 aura été une année particulièrement faste pour les productions PSYJAZZPOP avec beaucoup de moments forts :
 
un documentaire consacré aux vingt ans du groupe Pluto Intelligence Agency :
 

 la parution en parallèle d'un double-album best of du groupe :

 
un nouvel album pour The Lost Eons, "The Kite Paradox" :


et l'année s'est terminée en beauté avec la sortie de "A Step Back", le nouveau disque de Pluto Intelligence Agency :


Vous avez été nombreux à réagir sur ces différents projets, à nous féliciter pour le travail accompli, et à nous dire à quel point vous aviez apprécié notre musique et leur mise en image.

Ces retours ultra positifs nous ont fait énormément plaisir et c'est donc gonflés à bloc, et avec un brin de fierté, que nous sommes prêts à nous lancer dans de nouvelles aventures : peut-être une nouvelle session Lost Eons à venir, un nouveau projet de musique de film-qui-n'existe-pas pour Pluto Intelligence Agency, et un programme secret du nom de "ËCHO"...

De belles surprises devraient arriver en 2025. Restez à l'écoute !