Kasabian - "Act III"
C'est la bonne surprise de la rentrée, Kasabian revient avec un très bon album !
Depuis le départ de leur chanteur Tom Meighan en 2020, les derniers disques du groupe étaient assez inégaux malgré quelques fulgurances qui laissaient planer l'espoir de meilleurs jours.
Dans "Act III", Serge Pizzorno reste fidèle au style du groupe, mélangeant rock et électro, et met plus que jamais les guitares en avant ("Soulmate") tout en variant les styles avec des passages psyché (les ruptures piano de "Hippie Sunshine"), hip-hop ("Superpowers") et pop "Silver Apple Eyes". "Glide" est peut-être le meilleur morceau de l'album avec ses breaks de batterie dynamiques, ses synthés et sa ritournelle au piano.
Ca faisait longtemps que Kasabian n'avait pas été aussi créatif et, comme Pizzorno connaît sur le bout des doigts la recette de la mélodie et de l'arrangement qui font mouche, "Act III" s'avère être un disque sur lequel on revient une fois la lecture terminée.
Man/Woman/Chainsaw - "Cannonball"
Voici un groupe tout frais tout neuf puisque Man/Woman/Chainsaw s'est formé en 2019 et "Cannonball" est leur tout premier album.
Outre d'excellentes compositions rock, ce qui fait la particularité de ces jeunes londoniens c'est l'omniprésence du violon tout au long du disque. Attention, pas du style fond de mix avec orchestre à cordes, mais plutôt solo de violon, un peu torturé, bien en avant.
L'exercice est périlleux mais parfaitement maîtrisé grâce à une production impeccable qui sait aérer les morceaux et les faire monter en puissance à l'image de "Canyons" et "Goddamn, Lizzard Man!".
Le très bon travail sur les harmonies vocales fille-garçon ("Nosedive") est également à souligner tant il apporte au charme et à la puissance de ce premier album qui est décidément un formidable coup d'essai.
Weezer - "Weezer"
Encore un album de Weezer qui s'appelle "Weezer". C'est le septième ! Après le blue, le green, le red, le white, le teal, le black, voici "The Gold Album" (référence à sa pochette dorée).
Alors quoi de neuf avec ce seizième album. Et bien pas grand chose... C'est du Weezer classic, avec des arrangements rock US typiques. Mais est-ce vraiment grave ?
Après plus de trente ans de carrière, les américains sont toujours aussi inspirés. Leur style et leur énergie sont également intacts et on se laisse transporter par le plaisir communicatif de "Say Yes", "We Might Ass Well Be Strangers" ou "Don't Wake It Weird".
Angus & Julia Stone - "Karaoke Bar"
On en a parlé il y a quelques semaines sur ce blog et voilà justement que les frère et sœur australiens sortent un nouvel album. Fondamentalement, la formule n'a pas beaucoup changé et on se délecte toujours de leurs voix mélangées, de leur nonchalance et de l'atmosphère décontractée de ce nouveau disque.
Mais il y a quand même quelques surprises. D'abord les arrangements sont un peu moins acoustiques et quelques synthés prennent même le leadership sur certains morceaux ("Celestial Bodies"). La voix de Angus est également plus mise en avant que sur leurs albums précédents ("Karaoke Bar", le morceau d'ouverture, en est un bon exemple) et le duo se permet même quelques touches de vocoder et d'autotune ("Brightest Place") dosées avec parcimonie (comme quoi c'est possible, n'est-ce pas les Strokes).
Ce n'est pas la révolution mais Angus & Julia Stone nous offrent une nouvelle fois un disque très agréable.