25 juil. 2026

Ghinzu, McCartney, Aldous Harding et Pink Floyd : retours en force

Ghinzu - "W.O.W.A."

17 ans... Il aura fallu attendre 17 ans pour que Ghinzu, groupe de rock belge emblématique du début des années 2000, sorte enfin un nouvel album.
A entendre les interviews du groupe, ces années ne correspondent pas à une pause artistique mais au temps de production de l'album dont ils n'arrivaient pas à arrêter définitivement les arrangements.
Quoi qu'il en soit le résultat est à la hauteur de l'attente. Déjà parce qu'on est très content de retrouver Ghinzu mais aussi parce que le disque est excellent.
La patte et le son Ghinzu sont toujours intacts, des envolées rock aux guitares ultra présentes ("Snow White", "Morning Lights"), avec de petites touches électro ("Death Race"), entrecoupées de jolies ballades ("Forever", "Fool") et surtout des arrangements ou des structures de morceaux très originaux (notamment le titre d'ouverture "When Other Worlds Await" aux multiples parties).



Paul McCartney - "The Boys Of Dungeon Lane"

En voilà un qui n'attend pas 17 ans entre chaque album et qui, bien au contraire, multiplie les projets comme des petits pains. Cette fois-ci c'est un nouvel album solo original qui est au programme, "The Boys Of Dungeon Lane", titre empreint de nostalgie qui fait référence à un quartier de Liverpool lié à l'enfance de l'artiste.
Même si, à maintenant 84 ans, la fragilité de la voix de l'ancien bassiste des Beatles se fait de plus en plus sentir, les fans seront ravis : c'est du typique McCartney. Des mélodies imparables, de beaux arpèges à la guitare, et des morceaux de pure pop. Le disque offre beaucoup de bons moments comme l'émouvant "Days We Left Behind", les plus rock "Ripples In A Pond" et "Come Inside" et bien sûr le duo avec Ringo Starr "Home To Us", petit instant de bonheur léger et sympathique.



Aldous Harding - "Train On The Island"


"Train On The Island" est le cinquième album de la chanteuse néo-zélandaise dont la folk indé séduit depuis une dizaine d'années maintenant. Dans des arrangements très minimalistes (quelques notes de piano, de guitare ou de basse accompagnés d'une batterie), la voix de Aldous Harding se glisse doucement en avant pour créer un univers musical à la fois calme et étrange.
Pas de gros tubes ici, même si les mélodies accrocheuses ne manquent pas ("Venus In The Zinnia", "I Ate The Most"), mais une succession de chansons à l'atmosphère soignée qui permettent de savourer la palette vocale de la chanteuse qui, sans faire dans le tape à l'oeil, sait parfaitement varier les effets et les émotions.



Pink Floyd - "8-Tracks"

Y a pas que les Beatles qui ont une actualité ce mois-ci, Pink Floyd est aussi là !
"8-Tracks" est une compilation du groupe britannique regroupant, comme son nom l'indique, huit morceaux tirés de leurs albums mythiques des années 70. Huit c'est peu étant donné l'énormité de la discographie mais, point positif du projet, les morceaux ont été remixés pour parfaitement s'enchaîner (grâce à l'ajout de bruitages issus des disques du groupe) et il permet d'écouter une version en une seule traite de "Pigs On The Wing" (un diptyque paru sur "Animals") avec en point d'orgue un très beau solo de guitare (assuré par Snowy White, side-guitariste de l'époque). Un disque pas indispensable mais qui saura séduire peut-être un nouveau public.  







21 juin 2026

My Precious Bunny, The Lemon Twigs et The Claypool-Lennon Delirium : que des disques indispensables ce mois-ci !

My Precious Bunny – "A Moment in My Eyes"

Voici sans conteste le premier gros coup de cœur de 2026 !
"A Moment in My Eyes" est une collection de chansons pop-folk qui auraient pu être quelconques sans la richesse de sa production. La variété des instruments (boîte à rythmes, synthés, saxophone, mélodica, guitares, bruitages…) et des effets (quel travail sur le chant!) donnent en effet l’impression qu’il n’y a pas deux mesures identiques sans pour autant rendre le résultat fouillis ou indigeste. Chaque chose est à sa place et le chant tout en retenue fait délicatement planer sur le projet une atmosphère intime et artisanale malgré une évidente complexité.
Difficile de rentrer dans les détails tellement les morceaux regorgent de petits moments qui viennent caresser nos cils intra-auriculaires dans le sens du poil.
On relèvera les chansons "Wack" (arpège de guitare lancinant, son blanc qui monte, solo de synthé cheap comme il faut, guitares électriques et synthé pour le final), "The Joys of Adulthood" (paroles nostalgiques, solo de saxo, pont saturé) et "KookieCannibal" (travail sur voix et chœurs et variation des effets sur le solo de synthé final).
Derrière My Precious Bunny se cache Lily Wolter, la moitié du groupe Penelope Isles dont le prochain album est attendu en septembre cette année. En attendant cette sortie, nul doute que "A Moment in My Eyes" tournera de nombreuses fois sur nos platines.




The Claypool Lennon Delirium - "The Great Parrot-Ox and The Golden Egg of Empathy"

Le duo composé du bassiste Les Claypool et Sean Lennon revient avec son univers décalé qui n'est pas sans rappeler celui de Syd Barrett. Bruitages, paroles, chant théâtral et d’autres joyeusetés sont de l'aventure pour bâtir des morceaux délirants entrecoupés par des titres un peu plus classiques mais ô combien excellents.
On pense notamment à "WAP (What a Predicament)" et "Heart of Chrome" où les arrangements rétro psychédéliques et la basse ultra dynamique de Les Claypool font des merveilles.
Mais le sommet de l’album est sans doute "Meat Machines" avec son intro synthétique, ses choeurs et sa mélodie imparable.
Après "The Monolith of Phobos" en 2016 et "South of Reality" en 2019, "The Great Parrot-Ox and The Golden Egg of Empathy" confirme le style et le talent du duo.





The Lemon Twigs - "Look For Your Mind"

Voilà un autre duo (de frères cette fois-ci) qui nous a habitué depuis leurs débuts à des concepts tout aussi farfelus. Mais depuis 2023, Brian et Michael D’Addario se sont semble-t-il un peu assagis tout en se lançant corps et âmes dans le revival 60’s.
En effet, après les albums "Everything Harmony" et "A Dream is All We Know", "Look For Your Mind" (3ème album en autant d’année, quelle inspiration!) paraît lui aussi tout droit tiré du milieu des années 60 avec ses harmonies vocales (parfaites) à la Beach Boys ("Look For Your Mind"), ses guitares très aiguës et dénuées d’effets ("Nothin’ But You"), et ses riffs de transition à la Beatles ("I Just Can’t Get Over Losing You").
The Lemon Twigs ont su décortiquer et assimiler tous les sons et les plans de composition de l’époque.
Même si on a souvent l’impression d’être face à un pastiche adroit (on pense immédiatement aux Rutles), ne boudons pas notre plaisir car plaisir il y a devant ces chansons baignées de la légèreté et de l’innocence d’une décennie révolue. Je mets au défi quiconque de ne pas succomber sous le charme de "I Just Can’t Get Over Losing You".


 

25 mai 2026

Les disques qui m'ont marqué #9 : Angus & Julia Stone - Angus & Julia Stone (2014)


Mais que vient faire cet album au milieu de disques mythiques comme "Abbey Road" ou "OK Computer" me direz vous ? 
Je crois ne jamais l'avoir vu figurer dans une quelconque liste des meilleurs albums de tous les temps.
 
Pour comprendre ce choix retour en 2014, époque où la FNAC avait encore un magasin dans le centre ville de ma petite Préfecture de Province. 
Et comme souvent, je profite de la présence de cette boutique pour errer dans les rayons à la recherche d'idées cadeaux pour des anniversaires à venir.
 
Mais, sans que je ne m'en rende compte réellement, mon esprit est bercé par les sonorités d'un disque qu'un des responsables de rayon diffuse dans le magasin : guitares dépouillées, voix trainantes masculines et féminines entremêlées, mais pas toujours parfaitement synchrones (ce qui en fait aussi tout son charme), dessinent une ambiance rock calme et posée qu'on pourrait imaginer comme étant celle d'une nuit de fin d'été un brin mélancolique.
Les chansons s'enchaînent dans cette atmosphère lancinante jusqu'au climax final : "Main Street" et "Crash + Burn". La guitare électrique se fait plus rugueuse, la tension monte d'un cran mais maîtrisée, sans excès. Une sorte de sérénité torturée.
Wahou, joli voyage.
 
N'ayant aucune idée de qui est l'auteur de ces petites merveilles, je m'approche du comptoir du rayon musique pour voir la pochette du CD qui est en train de passer : "Angus & Julia Stone". Pas de titre, simplement le nom du groupe.
Je connaissais vaguement ce duo de frère et sœur, ils avaient cartonné quelques années avant avec le tube "Big Jet Plane"
Ni une ni deux l'album est acheté.
Fin de l'histoire. 
Ou presque. 
 
Depuis, l'intégralité des albums du groupe a enrichi ma discothèque sans jamais vraiment décevoir. On y retrouve invariablement cette ambiance délicatement tendue, de l'album "Down The Way" à "Cape Forestier" en passant par "Life is Strange" au point qu'il m'est presque impossible (en exagérant un peu mais à peine) de citer un titre de chanson d'un de ces disques que j'ai pourtant écouté maintes fois... 
Hormis l'album "Angus & Julia Stone". Dès les premières notes de "A Heartbreak", le voyage entamé en 2014 dans cet obscur magasin FNAC reprend. L'esprit s'évade. C'est la magie inexplicable de la musique !