27 sept. 2026

Kasabian, Weezer, Man/Woman/Chainsaw, Angus & Julia Stone : du rock dans tous ses états

Kasabian - "Act III"

C'est la bonne surprise de la rentrée, Kasabian revient avec un très bon album !
Depuis le départ de leur chanteur Tom Meighan en 2020, les derniers disques du groupe étaient assez inégaux malgré quelques fulgurances qui laissaient planer l'espoir de meilleurs jours.
Dans "Act III", Serge Pizzorno reste fidèle au style du groupe, mélangeant rock et électro, et  met plus que jamais les guitares en avant ("Soulmate") tout en variant les styles avec des passages psyché (les ruptures piano de "Hippie Sunshine"), hip-hop ("Superpowers") et pop "Silver Apple Eyes". "Glide" est peut-être le meilleur morceau de l'album avec ses breaks de batterie dynamiques, ses synthés et sa ritournelle au piano.
Ca faisait longtemps que Kasabian n'avait pas été aussi créatif et, comme Pizzorno connaît sur le bout des doigts la recette de la mélodie et de l'arrangement qui font mouche, "Act III" s'avère être un disque sur lequel on revient une fois la lecture terminée.



Man/Woman/Chainsaw - "Cannonball"

Voici un groupe tout frais tout neuf puisque Man/Woman/Chainsaw s'est formé en 2019 et "Cannonball" est leur tout premier album.
Outre d'excellentes compositions rock, ce qui fait la particularité de ces jeunes londoniens c'est l'omniprésence du violon tout au long du disque. Attention, pas du style fond de mix avec orchestre à cordes, mais plutôt solo de violon, un peu torturé, bien en avant.
L'exercice est périlleux mais parfaitement maîtrisé grâce à une production impeccable qui sait aérer les morceaux et les faire monter en puissance à l'image de "Canyons" et "Goddamn, Lizzard Man!".
Le très bon travail sur les harmonies vocales fille-garçon ("Nosedive") est également à souligner tant il apporte au charme et à la puissance de ce premier album qui est décidément un formidable coup d'essai.


Weezer - "Weezer"

Encore un album de Weezer qui s'appelle "Weezer". C'est le septième ! Après le blue, le green, le red, le white, le teal, le black, voici "The Gold Album" (référence à sa pochette dorée).
Alors quoi de neuf avec ce seizième album. Et bien pas grand chose... C'est du Weezer classic, avec des arrangements rock US typiques. Mais est-ce vraiment grave ?
Après plus de trente ans de carrière, les américains sont toujours aussi inspirés. 
Leur style et leur énergie sont également intacts et on se laisse transporter par le plaisir communicatif de "Say Yes", "We Might Ass Well Be Strangers" ou "Don't Wake It Weird".


Angus & Julia Stone - "Karaoke Bar"


On en a parlé il y a quelques semaines sur ce blog et voilà justement que les frère et sœur australiens sortent un nouvel album. Fondamentalement, la formule n'a pas beaucoup changé et on se délecte toujours de leurs voix mélangées, de leur nonchalance et de l'atmosphère décontractée de ce nouveau disque. 
Mais il y a quand même quelques surprises. D'abord les arrangements sont un peu moins acoustiques et quelques synthés prennent même le leadership sur certains morceaux ("Celestial Bodies"). La voix de Angus est également plus mise en avant que sur leurs albums précédents ("Karaoke Bar", le morceau d'ouverture, en est un bon exemple) et le duo se permet même quelques touches de vocoder et d'autotune ("Brightest Place") dosées avec parcimonie (comme quoi c'est possible, n'est-ce pas les Strokes).
Ce n'est pas la révolution mais Angus & Julia Stone nous offrent une nouvelle fois un disque très agréable.











29 août 2026

Pond et Temples mènent le rock psychédélique au sommet

Pond - "Terrestrials"

C'est déjà le onzième album de Pond et c'est surtout un des gros coups de cœur de cette année !!
La production est assez différente de leurs opus précédents avec des boîtes à rythme et des arrangements aux sonorités très années 80.
Les arrangements sont riches sans être surchargés, évitant la grandiloquence qui a pu être reprochée parfois au groupe. Et enfin… C'est du super rock avec des guitares omniprésentes ! 
L'album démarre en fanfare avec deux titres au rythme efficace et aux mélodies imparables "Skyworks" et "Casuarina". Vient ensuite "Through The Heather", un des sommets du disque avec sa ritournelle au synthé totalement hypnotique puis "Two Hands" qu'on croirait presque sorti d'un disque de Midnight Oil (d'autres australiens, tiens). Un début vraiment épique et une fin qui n'est pas en reste.
"Terrestrials" vraiment ? Non de vrais extra-terrestres !



Temples - "Bliss"

Dans le même style que Pond, voici un groupe qui lui au contraire continue de faire dans la démesure.
Treize ans après leur premier album, "Sun Structures", qui fleurait bon les années 60, "Bliss" empile aussi bien les couches de guitares que de synthés dans une production plus moderne.
Y a du bon et du très bon au programme : du mélodique "Jet Stream Heart" au percutant "Megalith" en passant par l'électro "Vendetta", le groupe met le paquet côté arrangements (chœurs grégoriens, boîtes à rythme, gros riffs au synthés, voix bourrée d'effets) et multiplie les ruptures de rythme pour rendre le tout bien digeste. Un défi de super production audacieuse dont le groupe se sort haut la main.



Kurt Vile - "Philadelphia's been good to me"

Kurt Vile sort cette année son dixième album sous la forme d'un hommage à sa ville natale, Philadelphie. Pour le songwriter américain, membre fondateur de The War On Drugs, c'est ici l'occasion de raconter sa ville mais également sa vie familiale. De sa voix nonchalante, les chansons oscillent entre pop et blues rock dans une pure veine indé avec une approche paradoxalement désincarnée alors qu'elle touche à son univers personnel. De ce disque où l'ambiance prime sur la mélodie, on retiendra le très bon riff de "Rock o'Stone" mais surtout le morceau le plus sympathique de l'album "Chance To Bleed".



The Strokes - "Reality Awaits"

The Strokes c'est un groupe qu'on adore. Les sauveurs du rock des années 2000 produisent depuis plus de vingt ans des albums qui ont toujours su évoluer musicalement tout en conservant leur patte et leur dynamisme originels.
Alors pourquoi, pourquoi ce choix artistique sur "Reality Awaits" ? Pourquoi noyer la voix dans l'autotune ? Qu'est-ce que ça apporte aux morceaux ? On cherche toujours la réponse. Passé cette déception, après plusieurs écoutes, une deuxième pointe son nez : pas grand chose d'enthousiasmant à se mettre sous la dent. Un album à vite oublier.


25 juil. 2026

Ghinzu, McCartney, Aldous Harding et Pink Floyd : retours en force

Ghinzu - "W.O.W.A."

17 ans... Il aura fallu attendre 17 ans pour que Ghinzu, groupe de rock belge emblématique du début des années 2000, sorte enfin un nouvel album.
A entendre les interviews du groupe, ces années ne correspondent pas à une pause artistique mais au temps de production de l'album dont ils n'arrivaient pas à arrêter définitivement les arrangements.
Quoi qu'il en soit le résultat est à la hauteur de l'attente. Déjà parce qu'on est très content de retrouver Ghinzu mais aussi parce que le disque est excellent.
La patte et le son Ghinzu sont toujours intacts, des envolées rock aux guitares ultra présentes ("Snow White", "Morning Lights"), avec de petites touches électro ("Death Race"), entrecoupées de jolies ballades ("Forever", "Fool") et surtout des arrangements ou des structures de morceaux très originaux (notamment le titre d'ouverture "When Other Worlds Await" aux multiples parties).



Paul McCartney - "The Boys Of Dungeon Lane"

En voilà un qui n'attend pas 17 ans entre chaque album et qui, bien au contraire, multiplie les projets comme des petits pains. Cette fois-ci c'est un nouvel album solo original qui est au programme, "The Boys Of Dungeon Lane", titre empreint de nostalgie qui fait référence à un quartier de Liverpool lié à l'enfance de l'artiste.
Même si, à maintenant 84 ans, la fragilité de la voix de l'ancien bassiste des Beatles se fait de plus en plus sentir, les fans seront ravis : c'est du typique McCartney. Des mélodies imparables, de beaux arpèges à la guitare, et des morceaux de pure pop. Le disque offre beaucoup de bons moments comme l'émouvant "Days We Left Behind", les plus rock "Ripples In A Pond" et "Come Inside" et bien sûr le duo avec Ringo Starr "Home To Us", petit instant de bonheur léger et sympathique.



Aldous Harding - "Train On The Island"


"Train On The Island" est le cinquième album de la chanteuse néo-zélandaise dont la folk indé séduit depuis une dizaine d'années maintenant. Dans des arrangements très minimalistes (quelques notes de piano, de guitare ou de basse accompagnés d'une batterie), la voix de Aldous Harding se glisse doucement en avant pour créer un univers musical à la fois calme et étrange.
Pas de gros tubes ici, même si les mélodies accrocheuses ne manquent pas ("Venus In The Zinnia", "I Ate The Most"), mais une succession de chansons à l'atmosphère soignée qui permettent de savourer la palette vocale de la chanteuse qui, sans faire dans le tape à l'oeil, sait parfaitement varier les effets et les émotions.



Pink Floyd - "8-Tracks"

Y a pas que les Beatles qui ont une actualité ce mois-ci, Pink Floyd est aussi là !
"8-Tracks" est une compilation du groupe britannique regroupant, comme son nom l'indique, huit morceaux tirés de leurs albums mythiques des années 70. Huit c'est peu étant donné l'énormité de la discographie mais, point positif du projet, les morceaux ont été remixés pour parfaitement s'enchaîner (grâce à l'ajout de bruitages issus des disques du groupe) et il permet d'écouter une version en une seule traite de "Pigs On The Wing" (un diptyque paru sur "Animals") avec en point d'orgue un très beau solo de guitare (assuré par Snowy White, side-guitariste de l'époque). Un disque pas indispensable mais qui saura séduire peut-être un nouveau public.