21 juin 2026

My Precious Bunny, The Lemon Twigs et The Claypool-Lennon Delirium : que des disques indispensables ce mois-ci !

My Precious Bunny – "A Moment in My Eyes"

Voici sans conteste le premier gros coup de cœur de 2026 !
"A Moment in My Eyes" est une collection de chansons pop-folk qui auraient pu être quelconques sans la richesse de sa production. La variété des instruments (boîte à rythmes, synthés, saxophone, mélodica, guitares, bruitages…) et des effets (quel travail sur le chant!) donnent en effet l’impression qu’il n’y a pas deux mesures identiques sans pour autant rendre le résultat fouillis ou indigeste. Chaque chose est à sa place et le chant tout en retenue fait délicatement planer sur le projet une atmosphère intime et artisanale malgré une évidente complexité.
Difficile de rentrer dans les détails tellement les morceaux regorgent de petits moments qui viennent caresser nos cils intra-auriculaires dans le sens du poil.
On relèvera les chansons "Wack" (arpège de guitare lancinant, son blanc qui monte, solo de synthé cheap comme il faut, guitares électriques et synthé pour le final), "The Joys of Adulthood" (paroles nostalgiques, solo de saxo, pont saturé) et "KookieCannibal" (travail sur voix et chœurs et variation des effets sur le solo de synthé final).
Derrière My Precious Bunny se cache Lily Wolter, la moitié du groupe Penelope Isles dont le prochain album est attendu en septembre cette année. En attendant cette sortie, nul doute que "A Moment in My Eyes" tournera de nombreuses fois sur nos platines.




The Claypool Lennon Delirium - "The Great Parrot-Ox and The Golden Egg of Empathy"

Le duo composé du bassiste Les Claypool et Sean Lennon revient avec son univers décalé qui n'est pas sans rappeler celui de Syd Barrett. Bruitages, paroles, chant théâtral et d’autres joyeusetés sont de l'aventure pour bâtir des morceaux délirants entrecoupés par des titres un peu plus classiques mais ô combien excellents.
On pense notamment à "WAP (What a Predicament)" et "Heart of Chrome" où les arrangements rétro psychédéliques et la basse ultra dynamique de Les Claypool font des merveilles.
Mais le sommet de l’album est sans doute "Meat Machines" avec son intro synthétique, ses choeurs et sa mélodie imparable.
Après "The Monolith of Phobos" en 2016 et "South of Reality" en 2019, "The Great Parrot-Ox and The Golden Egg of Empathy" confirme le style et le talent du duo.





The Lemon Twigs - "Look For Your Mind"

Voilà un autre duo (de frères cette fois-ci) qui nous a habitué depuis leurs débuts à des concepts tout aussi farfelus. Mais depuis 2023, Brian et Michael D’Addario se sont semble-t-il un peu assagis tout en se lançant corps et âmes dans le revival 60’s.
En effet, après les albums "Everything Harmony" et "A Dream is All We Know", "Look For Your Mind" (3ème album en autant d’année, quelle inspiration!) paraît lui aussi tout droit tiré du milieu des années 60 avec ses harmonies vocales (parfaites) à la Beach Boys ("Look For Your Mind"), ses guitares très aiguës et dénuées d’effets ("Nothin’ But You"), et ses riffs de transition à la Beatles ("I Just Can’t Get Over Losing You").
The Lemon Twigs ont su décortiquer et assimiler tous les sons et les plans de composition de l’époque.
Même si on a souvent l’impression d’être face à un pastiche adroit (on pense immédiatement aux Rutles), ne boudons pas notre plaisir car plaisir il y a devant ces chansons baignées de la légèreté et de l’innocence d’une décennie révolue. Je mets au défi quiconque de ne pas succomber sous le charme de "I Just Can’t Get Over Losing You".


 

25 mai 2026

Les disques qui m'ont marqué #9 : Angus & Julia Stone - Angus & Julia Stone (2014)


Mais que vient faire cet album au milieu de disques mythiques comme "Abbey Road" ou "OK Computer" me direz vous ? 
Je crois ne jamais l'avoir vu figurer dans une quelconque liste des meilleurs albums de tous les temps.
 
Pour comprendre ce choix retour en 2014, époque où la FNAC avait encore un magasin dans le centre ville de ma petite Préfecture de Province. 
Et comme souvent, je profite de la présence de cette boutique pour errer dans les rayons à la recherche d'idées cadeaux pour des anniversaires à venir.
 
Mais, sans que je ne m'en rende compte réellement, mon esprit est bercé par les sonorités d'un disque qu'un des responsables de rayon diffuse dans le magasin : guitares dépouillées, voix trainantes masculines et féminines entremêlées, mais pas toujours parfaitement synchrones (ce qui en fait aussi tout son charme), dessinent une ambiance rock calme et posée qu'on pourrait imaginer comme étant celle d'une nuit de fin d'été un brin mélancolique.
Les chansons s'enchaînent dans cette atmosphère lancinante jusqu'au climax final : "Main Street" et "Crash + Burn". La guitare électrique se fait plus rugueuse, la tension monte d'un cran mais maîtrisée, sans excès. Une sorte de sérénité torturée.
Wahou, joli voyage.
 
N'ayant aucune idée de qui est l'auteur de ces petites merveilles, je m'approche du comptoir du rayon musique pour voir la pochette du CD qui est en train de passer : "Angus & Julia Stone". Pas de titre, simplement le nom du groupe.
Je connaissais vaguement ce duo de frère et sœur, ils avaient cartonné quelques années avant avec le tube "Big Jet Plane"
Ni une ni deux l'album est acheté.
Fin de l'histoire. 
Ou presque. 
 
Depuis, l'intégralité des albums du groupe a enrichi ma discothèque sans jamais vraiment décevoir. On y retrouve invariablement cette ambiance délicatement tendue, de l'album "Down The Way" à "Cape Forestier" en passant par "Life is Strange" au point qu'il m'est presque impossible (en exagérant un peu mais à peine) de citer un titre de chanson d'un de ces disques que j'ai pourtant écouté maintes fois... 
Hormis l'album "Angus & Julia Stone". Dès les premières notes de "A Heartbreak", le voyage entamé en 2014 dans cet obscur magasin FNAC reprend. L'esprit s'évade. C'est la magie inexplicable de la musique ! 




27 avr. 2026

Archive, The Notwist, McCartney... C'est l'expérience qui parle !

 Archive - "Glass Minds"

Trente ans après leur premier album, Archive est toujours un groupe incontournable dans le monde du rock progressif.
Très inspirés, avec une production aux petits oignons, les anglais, comme à leur habitude, mêlent les styles et les influences  (rock, électro, psyché...).
Mais loin de n'être qu'une réussite technique, "Glass Minds" contient une flopée de morceaux qui montent en puissance et vous prennent aux tripes ("Look At Us" et ses guitares en boucle, "So Far From Losing You" avec son changement de tonalité et sa fin épique, "When You're This Down").
On ne les attendait pas forcément à ce niveau, Archive est décidément un groupe qui se bonifie avec le temps.



The Notwist - "News From Planet Zombie"

D'autres dinosaures au programme ce mois-ci avec un nouvel album de The Notwist.
Le groupe allemand revient avec un disque calme et atmosphérique (comme l'illustrent bien les chansons "Teeth" et "Red Sun") avec toujours une petite patte rock-progressif (l'excellent "The Turning", "How The Story Ends").
Les arrangements sont impeccables, guitares, synthés et instruments à vent (très présents) prennent leur place pour bâtir cette atmosphère sans l'alourdir, en laissant respirer les morceaux.
Après plus de trente ans de carrière, encore un album qui prouve que, si la valeur n'attend pas le nombre des années, c'est aussi dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.



Paul McCartney - "Man On The Run"

Depuis quelques années, Paul McCartney est en pleine opération de réhabilitation de son deuxième groupe favori après les Beatles : Wings.
Après les livres autobiographiques et le best of, un documentaire dans ce sens vient de sortir : "Man OnThe Run" accompagné d'un album qui comporte son petit lot de surprises.
La première, l'album n'est pas un recueil des meilleurs titres de Wings. A part quelques incontournables ("Band On The Run", "Mull Of Kintyre"), le disque met plutôt l'accent sur la complicité entre Paul et sa femme Linda, véritable colonne vertébrale du groupe. On apprécie particulièrement le morceau d'ouverture, une version démo de "Silly Love Songs" extrêmement touchante.



Dry Cleaning - "Secret Love"

Le groupe de post punk britannique "Dry Cleaning" modifie le cap avec son troisième album "Secret Love".
On y retrouve toujours du chant parlé omniprésent et des guitares électriques ("My Soul / Half Pint"), mais ce nouveau projet s'avère plus "arty" et expérimental.
Pour preuve, si les morceaux s'articulent souvent autour de bons riffs de guitare ("Rocks"), d'autres titres sont plus aériens et font appel à des cuivres ("Let Me Grow And You'll See The Fruit") pour une petite touche psychédélique.
Malgré une certaine lassitude (peut-être dû aux limites mélodiques du "spoken word") l'album réserve de bons moments.