28 oct. 2024

Fontaines D.C., The Waeve et David Gilmour, y a du chef d'oeuvre dans l'air

The Waeve - "City Lights"

Le duo The Waeve, composé du guitariste de Blur Graham Coxon et de Rose Elinor Dougall des Pipettes, en couple à la ville, est de retour.
Leur premier album, sorti l'an dernier, avait été un de nos préférés de 2023 avec son savoureux mélange vocal, son saxophone tout en intensité et de petites perles comme "Sleepwalking".
"City Lights" s'avère moins mélancolique, les guitares sont plus présentes, et certains morceaux font preuve d'une indéniable originalité comme "Broken Boys".
Si les morceaux les plus rock sont menés par Graham Coxon, la complémentarité des deux voix fait toujours des merveilles et les parties de saxophone apportent toujours ce petit plus d'émotion.
Les morceaux longs sont nombreux et permettent de laisser libre cours à des moments épiques et psychédéliques ("Druantia", "Sunrise") mais de belles ballades tirent aussi leur épingle du jeu comme "Simple Days" ou le magnifique "Song for Eliza May" avec sa ritournelle finale. 




David Gilmour - "Luck and Strange"

Voici sans doute le meilleur album solo de David Gilmour !
Lui qui nous avait plutôt habitué à des albums essentiellement instrumentaux, la première surprise de "Luck and Strange" est la présence de nombreuses chansons, toutes très réussies.
Une douce mélancolie plane sur l'album mais pas que ("Dark and Velvet Nights") et Gilmour ne s'enferme pas dans une nostalgie facile même si des sonorités des guitares font immanquablement penser à Pink Floyd ("Scattered").
Mais va t-on s'en plaindre alors que justement on attend tous avec impatience les solos de guitare sur chaque morceau pour retrouver avec bonheur ce son unique de Strat.
"The Piper's Call" et "Between Two Points" (chanté en duo avec sa fille) sont deux autres excellents moments de cet album à la hauteur de cet artiste de légende. 




Fontaines D.C. - "Romance"

Attention chef d'oeuvre ! Les irlandais de Fontaines DC prouvent une nouvelle fois qu'ils font partie des artistes majeurs de notre époque.
Quelle claque !
"Romance", "Starbuster", " Here's the Thing", "In the Modern World", les tubes rock s'enchaînent avec à chaque fois cette petite idée d'arrangements ou de structure qui font la différence.
Mais que seraient tout ça sans la voix de Grian Chatten qui arrive à transcender chaque titre par sa force et son émotion mais qui sait aussi s'adapter pour se mettre au service de belles ballades comme "Horseness".
Un album incontournable. 




 

 




21 sept. 2024

Goat Girl, Cigarettes After Sex et le King Gizzard : entre jubilation et introspection

King Gizzard and The Lizard Wizard - "Flight b741"

On avait laissé le groupe australien s'éclater sur des synthétiseurs en fin d'année 2023 sur l'album "The Silver Cord" et, comme à leur habitude, il prend encore un virage à 180 degrés avec "Flight b741".
A chaque album le groupe se réinvente et explore de nouveaux horizons, repoussant les limites de son style. Cette fois-ci, nous voici dans de bonnes vieilles sonorités rock des années 70. Ca sent la sueur et la poussière, les titres s'enchainent dans une euphorie maîtrisée, harmonica et guitares à la Lynyrd Skynyrd s'en donnent à coeur joie nous offrant quelques morceaux irrésistibles comme "Le Risque" et "Flight b741".
Joli exercice de style et défi relevé haut la main une fois de plus par le roi lézard.



Goat Girl - "Below The Waste"

Les anglais de Goat Girl confirment avec ce nouvel album qu'ils ne sont pas un énième groupe de post-punk. Le trio féminin revient en effet cette année avec un disque très sophistiqué, mêlant guitares et synthétiseurs, agrémenté de nombreux bruitages et d'arrangements bien pensés au service de morceaux cédant rarement au classique "couplet-refrain".
La voix puissante de Clottie Cream sait aussi se charger de nuances pour des moments mélancoliques et pleins d'émotion notamment sur "Words Fell Out", "Where's Ur Heart" et "Motorway".
Un disque fort et intelligent.



Cigarettes After Sex - "X's"

Nous voilà en face d'un OVNI musical. Quelque chose entre l'album shoegaze et la musique de relaxation !
Ce nouveau disque du groupe américain Cigarettes After Sex est d'une uniformité assez déconcertante, tous les morceaux étant joués sur un tempo très lent, accompagnés d'une basse un peu groovante, de guitares noyées dans la reverb, et d'une voix androgyne soufflée du bout des lèvres. Le tout donnant une impression de chansons en totale lévitation. Malgré cette ambiance répétitive, la magie opère grâce à de jolies petites mélodies et une sensation de zénitude qui s'empare petit à petit de l'auditeur. Parmi les morceaux qui font particulièrement mouche, notons "Tejano Blue", "Hideaway" et "Baby Blue Movie".
Un trip planant et extatique.



John Lennon - "Mind Games (Ultimate Collection)"

Sorti en 1973, "Mind Games" n'est pas le plus connu ou reconnu des albums solo de John Lennon. Enregistré dans une période de tensions entre Yoko Ono et lui, peu de temps avant son "lost week-end", il comporte néanmoins quelques jolies petites ballades comme "Aisumasen (I'm Sorry)" et "One Day (At a Time)", une chanson politique typique de Lennon, "Bring On The Lucie (Freda People)", qui fonctionne bien mieux que tout ce qu'il a pu écrire sur son album précédent ("Some Time in New-Yorrk City"), et bien sûr la chanson éponyme "Mind Games", un classique de sa discographie.
50 ans plus tard, cette version "Ultimate" est particulièrement généreuse. Un premier disque contient une nouvelle version stéréo de l'album original, un deuxième disque des versions épurées mettant en avant la voix de Lennon. Le disque 3  quant à lui met en valeur certaines pistes instrumentales de l'album. Le quatrième disque est consacré aux désormais traditionnelles (déjà proposées dans les "Ultimate Collection" précédemment sorties) versions "Evolution" qui permettent d'apprécier le travail en studio et l'évolution des morceaux dans le temps, de prise en prise. Le disque 5 comprend des mix RAW, à savoir les chansons de l'album avec leurs pistes de base (chant, guitare, basse, batterie), et, enfin, le dernier disque regroupe des versions alternatives.
Un régal pour les fans !



13 août 2024

Pond, L'impératrice, DIIV et J. Bernardt, entre fraîcheur et flamme

Pond - "Stung!"

Pond et Tame Impala ont de nombreux points communs : ce sont tous les deux des groupes australiens, ils font tous les deux du rock psychédélique... et ils partagent même plusieurs musiciens. "Stung!" est déjà leur dixième album.
S'il est plus posé et moins bourré d'effets que ses prédécesseurs, on y retrouve néanmoins les sonorités psyché qu'on apprécie chez eux. De la basse au synthé, des riff rock ("Black Lung") avec une touche de vocoder, des instrumentaux ("Elf Bar Blues"), des passages très Floydiens ("Edge of The World Pt.3") et même quelques jolies ballades ("O' UV Ray").
Avec 14 titres tous aussi bons les uns que les autres (les magnifiques accords de "Neon River" et un vrai tube : "So Lo"), on peut dire que Pond signe un retour gagnant.




L'impératrice - "Pulsar"

Depuis plus de 10 ans qu'on les connaît, c'est toujours un plaisir de retrouver L'impératrice et leur univers ultra positif. Leur musique électro disco est toujours aussi bien produite et on est toujours aussi étonné de constater que ça sonne toujours aussi bien, même (et surtout d'ailleurs) chanté en français. Impossible de ne pas taper du pied en rythme à l'écoute de "Me Da Igual" ou "Danza Marilu". Un bien être contagieux.




J. Bernardt - "Contigo"

Quand la moitié active du groupe belge Balthazar sort un album, on se jette forcément dessus. Après celui de Maarten Devoldere (sous le pseudo de Warhaus) en 2022, c'est au tour de Jinte Deprez de sortir un album (sous celui de J. Bernardt) cette année.
Difficile de faire la différence avec un album du groupe tant les similitudes sont nombreuses : arrangements "classes" faits de cordes et d'instruments acoustiques, mélodies et style de compositions très similaires et, surtout, utilisation très fréquente de voix de tête comme sur le précédent album de Balthazar. Il y manque juste la voix caverneuse de Maarten Devoldere finalement.
Mais inutile de faire la fine bouche, "Contigo" reste un très beau disque qui réserve son lot de moments de grâce comme sur "Matter of Time".
 
 

DIIV - "Frog in Boiling Water"

Ah, il y a longtemps qu'on n'avait pas parlé d'un album de shoegazing sur ce blog ;-)
Le groupe américain DIIV en est à son quatrième disque et ils sont passés maîtres en la matière.
Des riffs de guitare entêtants, une voix en retrait, des effets a gogo, c'est tout ce qu'on aime.
Les morceaux s'enchaînent dans une veine prog-rock jusqu'au sommet que constitue "Fender in a Freeway", totalement enivrant.