Mais que vient faire cet album au milieu de disques mythiques comme "Abbey Road" ou "OK Computer" me direz vous ?
Je crois ne jamais l'avoir vu figurer dans une quelconque liste des meilleurs albums de tous les temps.
Pour
comprendre ce choix retour en 2014, époque où la FNAC avait encore un
magasin dans le centre ville de ma petite Préfecture de Province.
Et
comme souvent, je profite de la présence de cette boutique pour errer
dans les rayons à la recherche d'idées cadeaux pour des anniversaires à
venir.
Mais, sans que je ne m'en rende compte réellement, mon esprit
est bercé par les sonorités d'un disque qu'un des responsables de rayon
diffuse dans le magasin : guitares dépouillées, voix trainantes
masculines et féminines entremêlées, mais pas toujours parfaitement
synchrones (ce qui en fait aussi tout son charme), dessinent une
ambiance rock calme et posée qu'on pourrait imaginer comme étant celle d'une
nuit de fin d'été un brin mélancolique.
Les chansons s'enchaînent dans
cette atmosphère lancinante jusqu'au climax final : "Main Street" et
"Crash + Burn". La guitare électrique se fait plus rugueuse, la tension
monte d'un cran mais maîtrisée, sans excès. Une sorte de sérénité
torturée.
Wahou, joli voyage.
N'ayant aucune idée
de qui est l'auteur de ces petites merveilles, je m'approche du comptoir
du rayon musique pour voir la pochette du CD qui est en train de passer
: "Angus & Julia Stone". Pas de titre, simplement le nom du groupe.
Je connaissais vaguement ce duo de frère et sœur, ils avaient cartonné quelques années avant avec le tube "Big Jet Plane".
Ni une ni deux l'album est acheté.
Fin de l'histoire.
Ou presque.
Depuis,
l'intégralité des albums du groupe a enrichi ma discothèque sans jamais
vraiment décevoir. On y retrouve invariablement cette ambiance
délicatement tendue, de l'album "Down The Way" à "Cape Forestier" en
passant par "Life is Strange" au point qu'il m'est presque impossible
(en exagérant un peu mais à peine) de citer un titre de chanson d'un de ces disques
que j'ai pourtant écouté maintes fois...
Hormis
l'album "Angus & Julia Stone". Dès les premières notes de "A
Heartbreak", le voyage entamé en 2014 dans cet obscur magasin FNAC
reprend. L'esprit s'évade. C'est la magie inexplicable de la musique !
