5 sept. 2022

Une rentrée détendue avec Tchotchke, Hooveriii, Twen et Alt-J


Tchotchke :
Tchotchke

Le trio féminin américain
Tchotchke est un groupe pop comme on les aime, à la fois fun et intéressant. Et quand on sait que leur premier album est produit par les deux trublions de The Lemon Twigs on comprend mieux pourquoi.

On y retrouve en effet leur univers riche et délirant où
guitares ("Ronnie"), piano, synthés, cordes et cuivres ("What Should I Do?") sont au service d'une atmosphère pop légère flirtant parfois, grâce au chant notamment, avec celle des comédies musicales ("Come on, Sean").

 

Hooveriii : A Round of Applause

La musique du groupe américain Hooveriii est peut-être la meilleure définition du rock psychédélique.
Leur nouvel album "A Round of Applause" regorge à la fois d'arrangements purement rock rétro (voir rock un peu sale avec ces quelques petits larsens qui trainent) et de celui du rock progressif à savoir des riffs répétés en boucle et de longs passages instrumentaux.
Les rythmes soutenus, les guitares saturées et les wah-wah, les nombreux fills de batterie ("
Twisted Vile") nous ramènent aussi bien à King Crimson qu'à king Gizzard & The Lizard Wizard dans une bonne humeur musicale réjouissante ("My Directive").

 

Alt-J : The Dream

10 ans après leur premier (et indispensable !) album "An Awesome Wave", les anglais de Alt-J reviennent avec "The Dream".
Et c'est toujours un petit bonheur de retrouver leur style inimitable mélangeant des influences folk et rock indie.
Les multiples cassures rythmiques sont toujours de la partie (notamment pour faire place pendant quelques secondes à de magnifiques harmonies vocales) et les nombreux changements de thèmes au sein d'un même morceau sont la marque de fabrique du groupe tout comme la voix aiguë et nasillarde du chanteur.
Petits riffs de guitare, chœurs, basse font des merveilles comme sur "Philadelphia" et "Losing my Mind".




Twen : One Stop Shop

Originaire de Nashville, Twen prouve que autoproduction peut rimer avec succès et qualité.
Leur album "One Stop Shop" est en effet entièrement écrit, enregistré, produit et commercialisé par le groupe.

Subtil mélange d'indie rock et de pop, on navigue entre les années 1990 et 2020, entre entrain et nostalgie, à travers l'interprétation très britpop de la chanteuse.
"One Stop Shop", "Automotion", "Fortune500" et "Bore U" font partie de ces chansons qu'on peut écouter en boucle sans aucune lassitude.


 

24 août 2022

Les disques qui m'ont marqué #4 Noir Désir : Tostaky


Lorsque Noir Désir monopolise les radios en 1989 avec leur premier succès, "Aux Sombres Héros de l'Amer", on est une poignée dans la bande de potes de ma petite ville de province à s'intéresser à leur album "Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)" et à découvrir que l'univers du groupe ne se cantonne pas à de la folk française avec de jolis calembours. Bien au contraire : ambiance sombre, musique rock, cet album est un petit chef d’œuvre qui aura bouleversé la chanson française en général avec ses textes poétiques.

"Veuillez rendre l'âme" reste associé pour moi à ces soirées au lycée à s'émerveiller devant les paroles des chansons et notamment celles des "écorchés" ("White Light White Heat !!") et à un week-end où on a écouté en boucle cet album avec mon pote Vincent (tu me manques vieux frère).


En 1992, Noir Désir aura frappé encore plus fort avec leur album "Tostaky". Si les textes sont toujours aussi poétiques, un discours socialement plus engagé s'est glissé dans leur poésie abstraite : "Here it comes slowly" traite de la montée de l'extrême droite, "Ici Paris" est un subtil constat de la déshumanisation du système capitaliste, et "Tostaky (Le continent)" percute avec son idéal révolutionnaire.

Mais c'est surtout musicalement que la mue du groupe est la plus marquante. Fini le style un peu balbutiant des premiers albums, le son est beaucoup plus homogène et maîtrisé. Il est surtout plus brut, plus rock, basé sur les riffs électriques de Serge Teyssot-Gay. Couplé au chant habité de Bertrand Cantat, les morceaux débordent d'énergie, de rage et d'émotion.


"Ici Paris", "Oublié", "Alice", "Tostaky", "One Trip One Noise", "Marlène", "Lolita nie en bloc"... on connaissait quasiment
l'album par cœur du début à la fin.

Mais plus qu'un simple défouloir, l'album nous offrait une prise de conscience du malaise du monde moderne et de la difficulté d'y trouver sa place...
Tostaky était un album rassembleur, reflet de son époque, un album qui nous réunissait tous derrière ses textes et son énergie et les premières notes de chaque chanson étaient un appel à communier, un véritable acte militant.


 



28 juil. 2022

Le retour de Porridge Radio et de JB Dunckel, ainsi que de belles voix françaises avec Ibeyi et Marie-Flore

 ... quelques douceurs pour l'été...

JB Dunckel - "Carbon"

Quand un ancien membre du duo Air sort un album, c'est toujours un petit évènement.
Et les fans du groupe français seront comblés avec ce nouveau disque de JB Dunckel dont les sonorités ne sont pas sans rappeler celles de Air.
Synthés, morceaux planants, la ressemblance est encore plus flagrante sur les quelques morceaux chantés où les effets sur les voix sont très caractéristiques.
Calme et apaisant, le disque prend vraiment son envol sur le génial "Dare" et "Sex Ufo".


 

Porridge Radio - "Waterslide, Divin Board, Ladder to the Sky"

A peine deux ans après "Every bad", le groupe britannique Porridge Radio revient avec un nouvel album, toujours amené par l'excellente Dana Margolin (au chant, à la guitare et à l'écriture).
Le son est brut, vintage, et les arrangements minimalistes (guitare, basse, batterie, chant et clavier) donnent une impression très appropriée (pour leur style pop-rock) d'enregistrement en live.
Dana Margolin est très inspirée et nous entraîne à travers son chant émouvant, souvent à bout de souffle, dans des compositions où la répétition des mots et des riffs fait monter les morceaux en intensité comme sur "Birthday Party" et le magnifique morceau final "Waterslide, Divin Board, Ladder to the Sky".


 

Ibeyi - "Spell 31"

5 ans après "Ash", les jumelles franco-cubaines Ibeyi sont de retour avec "Spell 31".
On y retrouve ce qui fait l'originalité du groupe, ce mélange de modernité et de tradition.
Modernité dans les sons, basses, beats et synthés, et tradition dans les (superbes) arrangements vocaux, chant et chœurs et dans l'ambiance presque tribale de certains morceaux.
Un album beau et enivrant, articulé autour du rythme et de la voix... mais terriblement court (10 titres pour juste 25 minutes !).



Marie-Flore - "Je sais pas si ça va"

A un peu plus de 30 ans, la chanteuse traîne toujours sa mélancolie et son pessimisme qui font aussi tout son charme.
Habituée à une variété française électro-épurée, la chanteuse s'offre une petite incursion disco sur son single "Mal barré" (tendance actuellement). Un essai très réussi même si elle excelle dans un registre plus intime.
La plupart des morceaux sont d'ailleurs construits autour d'une première partie chantée sans section rythmique et une deuxième plus relevée. Efficace même si cela crée un petit sentiment de répétition le long de l'album.
Quelques vraies réussites s'en dégagent comme "Je sais qu'il est tard" (et sa parfaite accroche introductive), "Je me connais" (et ses beaux arrangements aériens) et "Bientôt".