Comment évoquer les albums qui m'ont marqué sans parler d'un album des Beatles !
Il faut pour cela faire un grand bond en arrière dans le temps, vers 1989-1990. A cette époque j'écoute beaucoup de musique, principalement les derniers artistes du Top 50. Et puis, en 3ème au collège, j'ai en cours d'anglais un professeur fan de musique des années 60 et 70 (M. Deletang, le prof qu'on voulait tous avoir) qui fait découvrir aux élèves des groupes comme The Who, Meat Loaf ou Pink Floyd à travers l'étude de leurs chansons et un club d'échanges de cassettes audio (sans parler du club cinéma du mardi soir où on pouvait voir en VO des films dont on raffolait comme "Christine" de Carpenter ou les James Bond avec Roger Moore).
Un vrai éveil musical sur une période créative que j'ai trouvée tout de suite fantastique (il faut dire que des extraits de "Tommy", "Phantom of the Paradise" ou du "Rocky Horror Picture Show", ça marque à cet âge) et qui m'a donné envie d'en découvrir encore plus.
Difficile de me souvenir précisément quel album des Beatles j'ai écouté en premier. Ce qui est sûr c'est que ça se joue entre "Sgt Pepper", l'album blanc et "Abbey Road", les 3 vinyles que mon père avait à la maison.
Ce qui est sûr également c'est que j'avais trouvé les 3 albums incroyables et que je suis devenu très rapidement un fan inconditionnel du groupe, économisant chaque semaine mon argent de poche pour m'acheter un par un chaque CD de leur discographie officielle (moins importante que maintenant heureusement) pour finir, lors de mon année de Terminale, avec l'achat de l'album "Rubber Soul" (celui dont la track-list m'attirait le moins à l'époque et qui est devenu aujourd'hui un de mes préférés). Chaque nouvelle acquisition était l'occasion de discussions passionnées avec Etienne (ami, fan des Beatles lui-aussi, et membre fondateur de notre groupe de musique du lycée, les "Destroy Corn Flakes") sur tel arrangement ou telle innovation technique.
La discographie avant les années 90
Alors pourquoi choisir "Abbey Road" ?
D'abord parce que j'ai quand même gardé un souvenir des premières écoutes du vinyle : la fin brutale de "I Want You (She's So Heavy)" et ma conviction que le disque devait avoir un problème pour que ça se termine comme ça ! (il a fallu attendre d'avoir une version CD pour constater que vraisemblablement cet arrêt était complètement volontaire).
Et puis "Abbey Road" reste un des meilleurs albums du groupe avec des chansons parmi leurs plus célèbres comme "Come Together", "Something", "Here Comes The Sun". Curieusement,
alors que c'est clairement Paul McCartney qui est le moteur artistique
des Beatles à cette époque, ce sont ses acolytes Harrison et Lennon qui
sont à l'honneur.
Harrison au top de sa créativité
C'est aussi un album avec des arrangements magnifiques, l'utilisation des premiers synthétiseurs Moog et les scores classiques aux petits oignons de George Martin
Un peu encombrant ce synthé !
Et on y retrouve ce qui fait en partie le charme des Beatles à savoir la parfaite maîtrise de leurs influences, de la chanson à écouter en famille ("Maxwell's Silver Hammer", "Octopus's Garden") au sulfureux et funky "Come Together" (quel son révolutionnaire pour l'époque !), en passant par le rock'n'roll ("Oh! Darling"), le jazz-fusion de "I Want You (She's So Heavy") qui se termine en rock bien sale, l'arrangement vocal de "Because"... et tous les autres petits bijoux de pure pop.
Et puis bien sûr, il y a cet OVNI, le medley de la face B, 16 minutes de morceaux enchaînés inédits, 16 minutes de pur bonheur qui se terminent en apothéose avec l'émouvant "Golden Slumbers", l'entraînant "Carry That Weight" et l'épique "The End" avec solos de guitares et de batterie.
Et, en conclusion parfaite d'une carrière inégalée, la phrase finale de "The End" venait résonner en moi comme une véritable philosophie de vie que j'écrivais un peu partout dans mes cahiers de cours (ah la jeunesse...).
"And in the end the love you take is equal to the love you make."
C'est quoi ? : C'est le 1er album du groupe français Animal Triste sorti en 2020 (leur deuxième album vient tout juste de sortir !).
On aime : Ca sonne rock 90's ! Le chant chargé d'émotion sur une ambiance sombre et mélancolique. Ca baigne dans les guitares saturées. Des chansons qui restent bien dans la tête. Le rythme envoûtant de "Amor Bay". "Shake Shake Shake" !!! "Out Of Luck" qui "Twist and shout".
On aime moins : 8 morceaux en tout, c'est trop court !
Miles Kane - Change The Snow
C'est quoi ? : Le 4ème album solo du chanteur britannique Miles Kane ancien membre de plusieurs groupes dont The Last Shadows Puppet.
On aime : De la pure musique pop retro et enjouée. Cuivres et choristes féminins qui donnent un aspect "soul" irrésistible. Du premier au dernier morceau, chaque chanson a son identité et fourmille de bonnes idées. Tears Are Falling, I See Ya When I See Ya...
Geese - Projector
C'est quoi ? : "Projector" est le 1er album des new-yorkais de Geese, groupe qui monte dans la scène post-punk américaine.
On aime : Ca sonne parfois comme de très bons morceaux des Strokes. La palette de nuances du chanteur dont la voix passe du punk sur les morceaux relevés à une chaleur assurée sur les morceaux plus posés. Les arpèges de guitares doublés qui se complètent parfaitement. Fantasies/Survival et ces nombreux changements de tempo. Low Era et son riff de guitare.
On aime moins : Des morceaux parfois un peu longs.
U2 - Achtung Baby
C'est quoi ? : Faut-il encore présenter cet album de U2 qui vient de fêter ses 30 ans ? On aime : L'époque où U2 essayait de se réinventer un peu. Du U2 avec quelques pointes d'arrangements plus modernes (électro et effets). Mysterious Ways, classique parmi les classiques.
5ème album de l'artiste psychédélique français Julien Ribot, véritable touche à tout qu'on voit aussi dans le monde du cinéma, du théâtre et du film d'animation.
On aime :
Sonorités de synthés spatiales, chœurs, morceaux enjoués... on dirait du MGMT ! Un univers musical riche et un peu barré mais toujours très mélodique. "Do You Feel 9?" qui donne le sourire en quelques secondes. "Hey You Know Wonderland!" et ses chœurs d'enfants. "We Obi Diva" avec son chant très "Supergrass". "Time is a Fruit" et ses chœurs mélancoliques sur un mid-tempo pop.
On aime moins :
Rien, tout est bon !
Mogwai - As The Love Continues
C'est quoi ? :
Le 10ème album du groupe de post-rock écossais Mogwai.
On aime :
L'alternance de moments planants et de moments très électriques. Le mélange maîtrisé de guitares électriques, synthés et boîtes à rythmes. Y a une chanson ! "Ritchie Sacramento", excellente d'ailleurs. "To the bin my friend" et ses synthés noisy. "Drive the nail" et son riff de basse entêtant.
On aime moins :
C'est bon mais est-ce que c'est pas un peu toujours pareil quand même...
The War on drugs - I Don't Live Here Anymore
C'est quoi ? :
Le 5ème album du groupe de rock américain qui a connu la consécration en 2017 avec "A Deeper Understanding".
On aime :
Le style rock-folk 80's américain du groupe qui n'est pas sans rappeler, musicalement et vocalement, Bruce Springsteen. Les temps forts du disque que sont "Living Proof" et "I Don't Live Here Anymore".
On aime moins :
Une certaine uniformité des arrangements dans plusieurs morceaux.
Godspeed you! Black Emperor - G_d's Pee At State's End! C'est quoi ? :
Le dernier disque du collectif canadien, précurseur du post-rock au début des années 90
On aime :
Du bon post-rock instrumental avec ses phases d'intensités typiques où guitares et batterie montent crescendo. "Job's lament" et son petit riff simple mais efficace. "Government came" et sa fin épique. "Cliff gaze" et son canon de guitares.
On aime moins :
Du bon post-rock mais très classique dans son genre.
Meat Loaf
L'actualité musicale c'est aussi le décès du chanteur Meat Loaf connu pour avoir participé au cultissime film "The Rocky Horror Picture Show" et surtout pour son album "Bat Out Of Hell" sorti en 1977 et vendu à plus de 43 millions d'exemplaires à ce jour, ce qui le classe dans les 5 albums les plus vendus de tous les temps. Album pop, rock, gothique, théâtral, épique... Les qualificatifs manquent pour parler de cette œuvre unique en son genre.
En extrait l’excellente ballade "Two Out Three Ain't Bad" avec ses paroles très second degré :