Le groupe britannique The Coral revient cette année avec un album
concept, sorte de guide touristique de l'île fictive de Coral Island.
Le disque se compose de deux parties, une première, pop et relevée,
et une deuxième, plus sombre et psychédélique, le tout
entrecoupé d'interludes vocaux.
Dans les deux cas, c'est une totale réussite, le groupe nous
immergeant dans une ambiance et des arrangements qui sonnent très
rock du début des 70's (guitares acoustiques, électriques, orgue)
avec un sens mélodique implacable comme sur "Vacancy", "Lover
Undiscovered" et le magnifique "Mist On The River" ...
Half Moon Run - Inwards & Onwards
Le trio canadien, très prolifique ces derniers temps, revient en
2021 avec un EP de 6 titres. On y retrouve toujours, avec bonheur, ce
travail hyper soigné sur les harmonies vocales, véritable point fort
du groupe.
Côté compo, petite surprise car, dans les arrangements et parfois
dans la manière de chanter, on croirait les titres sortis d'un
Radiohead période "In Rainbows" (pas dégueux donc)
notamment sur "Fxgiving" et "It's True".
Un EP qui donne peut-être le départ vers une nouvelle direction pour
le groupe.
London Grammar - Californian Soil
Beau et sombre, porté par une voix splendide, le dernier opus de
London Grammar est dans la lignée de leur 1er album "If You Wait",
succès surprise mais mérité de 2013.
La patte du groupe est immédiatement identifiable dès les premières
chansons ("Californian Soil", "How Does It Feel") : sobriété,
piano, touches électro-pop et de belles envolées lyriques comme sur "All My
Love".
Un album qui confirme le talent du groupe indie-pop.
Led Zeppelin - Led Zeppelin III
On termine avec un album culte, classique parmi les classiques, le troisième album de Led Zeppelin, pionniers du rock aux guitares saturées. Un son inimitable, des guitares parfaites (aussi bien acoustiques qu'électriques), une prestation vocale impressionnante et une pléiade de tubes : "Immigrant Song", "Friends", "Celebration Day" et surtout "Since I've Been Loving You", sommet de l'album (et du groupe tout simplement), enregistré en condition de live (y compris l'incroyable solo de guitare).
Sorti
en mars 1970, l'album "Déjà Vu" est très rapidement devenu la
BO de toute une génération de jeunes bercés par la culture hippie
et pacifiste de Woodstock. Au fil des ans, il est resté une
référence et est toujours aujourd'hui un album légendaire.
Il
faut dire que l'affiche est plus qu'alléchante avec Graham Nash,
Stephen Stills, David Crosby et Neil Young alors au sommet de leur
art. Et même si dans les faits, problème d'egos oblige, la
collaboration entre les 4 artistes n'a pas été facile, l'album
regorge d'un florilège de tubes ("Almost cut my hair",
"Helpless", "Our house" pour ne citer que ces 3
là) alternant riffs pêchus et ballades lancinantes sur des
harmonies vocales belles à tomber, le tout dans une
ambiance pop-folk sur des textes contestataires.
A
l'occasion de ses 50 ans, l'album ressort en version remasterisée
agrémentée de nombreux inédits, demos et versions alternatives.
Un
vrai bonheur qu'il ne faut pas bouder.
Metronomy
- The English Riviera
Pour
fêter les 10 ans du disque qui leur a permis d'exploser au niveau
international, le groupe Metronomy ressort "The English Riviera"
avec en bonus 6 titres inédits qui, sans être au niveau du reste de
l'album, possède ce je-ne-sais-quoi de pop-cool immédiatement
identifiable comme sur "Friends". C'est aussi l'occasion de réécouter ce chef d'oeuvre
cultissime avec les tubes "The look", "The bay"
et "Everything goes my way".
McCartney
III Imagined
Si
la compil hommage à un artiste, avec des covers de musiciens divers
et variés, est une pratique somme toute assez courante, l'exercice
ici est moins banal.
Cette
fois c'est un album entier qui est repris et qui plus est le dernier
album, sorti quelques semaines plus tôt et dont on ne dispose donc
pas encore du recul nécessaire pour savoir quels classiques vont
s'en dégager.
A
ce petit jeu, tous les artistes associés au projet s'en sortent
plutôt bien, soit en remixant un titre, soit en le réinterprétant
complètement, au point qu'on a l'impression de découvrir un nouvel
album.
Mentions
spéciales à Dominic Fike pour "A kiss of venus" et Ed
O'Brian sur "Slidin'" qui réussissent véritablement à
donner un nouveau souffle à ces morceaux.
3 ans après son premier album, le groupe français L'impératrice
revient. Dès les premiers morceaux, on retrouve avec plaisir
l'ambiance pop-disco du groupe, basse qui groove, synthé et guitare
funk.
Si, au niveau du son, on navigue en territoire familier, le disque
s'avère plus intime et personnel que leur précédent opus à travers
des paroles en français à l'écriture parfaitement maîtrisée.
La chanteuse nous amène dans son doux chagrin avec des textes à la
signification obscure, jouant volontairement sur les mots. Elle se
justifie même dans la chanson "L'équilibriste" : J'ai fait l'amour à
mes névroses / Je les ai couchées sur la page / Dessus dessous /
C'est un couplet que je compose / Mais mis bout à bout / C'est joli
mais c'est flou / Les rimes on s'en fout / J'ai peur de trop forcer
la prose / Je ne sais pas parler de tout
L'album se termine par un hommage à Berger (et aussi un peu
aux Beatles) avec la reprise de "Tant d'amour perdu" qui nous
rappelle que lui aussi savait faire groover la chanson française.
Raphaël - Haute Fidélité
On ressort de la première écoute de cet album avec une impression
d'étrangeté. Enregistré en home-studio, le chanteur n'a pas fait
dans la facilité : on est loin du classique couplet-refrain et les
textes résonnent comme des cadavres exquis.
Il faudra plusieurs écoutes pour apprécier cet univers, sa beauté et
sa complexité un peu élitiste, ce son rock ; plusieurs écoutes pour repérer ces
paroles un peu floues mais dont chacun saura s'approprier le sens et
qui au final touchent au but.
Entouré par des invités talentueux (Arthur Teboul de Feu! Chatterton
sur plusieurs morceaux, Clara Luciani, Pomme...), ce disque est une
excellente surprise.
King Gizzard & The Lizard Wizard - L.W.
Le groupe de rock psychédélique sort son 17ème album en à peine 10
ans quelques mois après "K.G." dont il est la suite directe. En plus d'être extrêmement productifs, les
australiens sont de véritables touche-à-tout (rock progressif, folk,
jazz, soul, metal). Sur cet album, ils ont eu la bonne idée de se faire fabriquer des
guitares avec des décalages de case par quart de ton (au lieu de demi-ton) ce qui permet de composer des musiques dont l'oreille
occidentale n'est pas coutumière. Et pour le coup, le résultat sonne
rock garage oriental !
Aussi surprenant que ça paraisse, l'album est au final très
accrocheur grâce à ce mélange original et, sur certains morceaux,
les deux mondes sont en totale symbiose, principalement lorsque la
mélodie du chant arrive à s'éloigner de celle des guitares comme sur
"Supreme Ascendency" et surtout sur l'incroyable "Static
Electricity".
On ne peut qu'être admiratif devant tant d'audace même si on sent
que, en prenant plus leur temps, le groupe pourrait sortir des
disques encore meilleurs. Mais on ne peut pas quand même leur reprocher d'avoir choisi l’originalité et la
spontanéité comme credo .
Lennon - Plastic Ono Band
En 1970 sortait le premier véritable album solo de John Lennon,
quelques mois après la séparation des Beatles. D'une beauté crue,
simple et sans orchestration superflue (guitare, basse batterie et
piano tenus principalement par lui et ses amis Ringo Starr et Klauss
Voorman), cet album allait permettre à Lennon d'exorciser sa peine
et ses désillusions : la mort de sa mère, le star system, les hiérarchies sociales ... Et bien sûr son amour pour Yoko. Tout
juste sorti d'une thérapie par le cri, les textes et
l'interprétation du chanteur sont poignants, vous prennent aux
tripes et en font le meilleur album de l'ex-Beatles et tout
simplement un des meilleurs albums pop-rock.
Un peu plus de 50 ans après sa sortie, Yoko nous en ressort une
version "Ultimate Mixes" qui n'apporte pas grand chose par rapport à
la version originale, augmentée des singles "Give peace a chance",
"Cold turkey" et "Instant Karma!" enregistrés à la même période mais
qui n'ont rien à voir avec le projet libérateur de l'album.
Tout l'intérêt de cette réédition réside dans les nombreuses prises
alternatives et les en particulier les "Evolution Mixes" qui
permettent de découvrir l'évolution de chaque morceau et nous plonge
au coeur de l'enregistrement grâce aux multiples discussions en
studio entre les musiciens sur l'interprétation ou la direction à
prendre.
Un vrai régal pour les fans !
On n'en parle pas trop : La Femme - Paradigmes - Alors que c'est pourtant toujours à peu près
la même recette (ou peut-être parce que c'est toujours la même
recette justement), on n'accroche pas plus que ça au dernier album du groupe
qui semble s'être encore un peu plus perdu dans le second degré.