29 mars 2019

Mars en vue

Les Innos en vedette...

Les Innocents sont de retour avec leur 6,5ème album ! Quatre ans après "Mandarine", salué par la critique mais, à leurs yeux, un peu boudé par le public, JP Nataf et JC Urbain ont décidé de faire un album plus simple d'accès à l'image de leur single "Apache". Si certaines mélodies sont en effet plus accrocheuses, on retrouve heureusement la patte du groupe tout au long de l'album : des paroles (au sens parfois obscur c'est vrai) et des arrangements très travaillés imprégnés d’une douce mélancolie. Une réussite encore une fois !
"De quoi suis-je mort ?" Toujours pas mort les Innos !




"Broken Wings" de Mr Mister. Qui a circulé en voiture dans les rues de Vice City, au milieu des années 80, en écoutant sur son autoradio la station "Emotion 98.3", le soleil couchant au dessus de l'océan, les sirènes de police hurlant au loin, comprendra le choix de cette chanson, une "power ballad" dans le plus "pur" style de l'époque.



Avec "Un nouveau monde" (sorti en 2017), Octave Noire réussit le mélange parfait de pop électronique et de chanson française. Le reste de l'album est dans la même atmosphère, le même univers ample et envoutant.



The Good, the Bad and the Queen ont ressorti un album en fin d'année dernière avec toujours Damon Albarn à la manœuvre. Le groupe nous embarque avec "Merrie land" dans un disque pop théâtral pour nous dépeindre une Angleterre déchirée pré-brexit.



Lennon disait que les meilleurs prestations des Beatles n'avaient jamais été enregistrées car il considérait que leurs meilleurs concerts avaient été donnés lorsqu'ils faisaient leurs débuts à Hamburg. Mais il se trouve qu'une de leurs dernières soirées au Star-Club a été enregistrée en décembre 1962. Et le moins qu'on puisse dire en effet c'est que ça décoiffe ! Ringo tape comme un fou sur ses fûts et le groupe joue à cent à l'heure comme sur "Simmy like Kate".






28 févr. 2019

Février donne le ton

L'année 2019 commence fort avec déjà de très bons albums...

A commencer par "Fever" de Balthazar. Ah quel plaisir de retrouver ce groupe belge qu'on croyait définitivement séparé, les deux membres principaux, Maarten Devoldere et Jinte Deprez, ayant sorti ces dernières années des albums solos remarqués. C'est sous une formation un peu différente que Balthazar revient puisque la violoniste-choriste-synthgirl, Patricia Vanneste, a quitté le groupe. Le bassiste Simon Casier est toujours présent et c'est lui qui est le plus en valeur sur cet album car la basse est largement mise en avant sur chacune des chansons : souvent groovy, l'instrument donne une couleur inédite à cet opus où on retrouve avec plaisir les chants très complémentaires de Maarten Devoldere (grave et trainant) et de Jinte Deprez (plus pop), des arrangements élégants et toujours ce parfait sens mélodique.




O est aussi de retour. O c'est Olivier Marguerit, musicien qui est resté longtemps dans l'ombre en accompagnant des groupes comme Syd Matters, et il vient de sortir son deuxième album solo "A terre !" après le génialissime "Un torrent la boue" de 2016. L'album est déjà encensé par les critiques et à juste titre car c'est un vrai régal : de la pop à l'état pur, très créatif, avec des choeurs très touffus qui sont devenus une des marques de fabrique du musicien. C'est en français et ça sonne ! Comme sur "Tu sais je ne sais plus" et sa fin venue de nulle part.




On continue avec une réédition de la fin de l'année 2018 : "Electric Ladyland" de Jimi Hendrix qui ressort en version 3 CD avec démos et prises alternatives et, en prime, la pochette initialement envisagée par le guitariste : une photo prise par Linda Eastman à Central Park où Hendrix pose avec des enfants sur la statue de Alice in Wonderland. On réécoute avec bonheur, en version remasterisée, quelques-uns des meilleurs morceaux de Hendrix comme "Crosstown Traffic", "All along the watchtower", "Voodoo Child (Slight Return)" et "Burning of the Midnight Lamp".


 

Après la Belgique, la France et les USA, on file en Angleterre pour le dernier album de Toy "Hapy in the hollow". Rock sombre agrémenté d'électronique et d'une petite touche de post-rock psychédélique, le disque est un délice à écouter et à décortiquer. On est souvent plus dans l'expérimentation sonore que dans la recherche du hit mélodique (le chant est à cet effet très en retrait) et le groupe baigne ses chansons dans une ambiance calme mais ténébreuse comme sur le superbe "Warmth of the day".




On termine la sélection du mois avec un extrait de Queen. Et oui comment passer à côté après les récompenses reçues aux Oscar par le biopic "Bohemian Rhapsody". Si le film a ses qualités (les prestations scéniques) et ses défauts (des erreurs ou raccourcis chronologiques), on en ressort en se disant que c'était quand même un putain de groupe exceptionnel !


31 janv. 2019

La playlist du début d'année

Quelques oublis et c'est reparti...


Traditionnellement, comme à chaque début d’année, j’explore les sites spécialisés de musique à la recherche de la liste de leurs albums préférés de l’année passée pour trouver des disques qui feraient consensus et qu’il faudrait écouter absolument.

C’est ainsi que je suis tombé sur le dernier album d’Alain Bashung, "En amont", album posthume du chanteur, décédé en 2009. Le disque est composé de titres rejetés de "Bleu pétrole", dernier CD sorti de son vivant, car jugés trop sombres, les textes abordant souvent le thème de la mort ou de la maladie. Et pourtant il y a de très grandes chansons ! Beaucoup de recherches dans l’atmosphère musicale et beaucoup d’émotion dans les paroles. Un exemple avec "Immortels" et ses superbes accords de guitare.




Je connaissais le groupe "Twenty One Pilots", grâce leur tube "Stressed out", mais pas du tout leurs disques. Leur dernier opus, "Trench", a été salué par la critique et il y a de quoi : ce disque fourmille d'arrangements bien pensés et mélange efficacement musique rock avec chant plus "urbain" à l'image de "Jumpsuit".




On fait un grand écart avec "Monopolis" de The Pirouettes, un disque léger de variété française sauce électro. En tant que grand amateur de le musique de Berger, impossible pour moi de passer à côté d’un album qui s’appelle Monopolis! Pourtant musicalement, ça n’a rien à voir, on est vraiment dans la musique synthétique pure... et c’est plutôt bien fait. Dans les paroles par contre, il y a quelque chose de Berger, ce petit côté mélancolique et pessimiste, mais aussi le fait que le duo soit aussi en couple à la ville à l'image du couple Berger-Gall. Le mélange est un peu étonnant de prime abord mais, une fois assimilé le fait que les paroles ne quitteront pas le thème de l’amour, toujours l’amour, le charme opère petit à petit comme sur "Rêver de toi".




Retour à la musique anglo-saxonne avec "Be the cow-boy" de Mitski, un album qui apparaît quasiment systématiquement dans le top 5 des meilleurs albums de 2018. Et il mérite une écoute c'est sûr : derrière une étiquette rock indé se cachent des arrangements où les guitares électriques sont très présentes contrastant avec la voix pure de la chanteuse. C'est souvent original et, sous un format court de 2-3 minutes, l'artiste touche un peu à tous les styles, de la pop à l'electro en passant par la folk et le rock. Un petit aperçu avec "Geyser", le morceau d'ouverture du disque.




On termine avec l'album "Wanderer" de Cat power, un disque qui lui aussi a fait l’unanimité. La chanteuse, qui s'est fait connaître il y a une vingtaine d'années déjà, est revenue en 2018 avec un album folk très mélancolique... et d'un minimalisme presque osé tant les chansons sont parfois dépouillées de tout artifice et de variations musicales. Les morceaux s'articulent souvent uniquement autour de 2-3 notes d'un arpège de piano ou de guitare comme sur "Horizon", un morceau aux faux airs de Syd Matters.



L'année 2019 s'annonce tout aussi passionnante avec la sortie de nouveaux albums des Strokes, de Balthazar, de Pond et de Tame Impala !