18 mai 2017

Printemps de Bourges 2017 : concert du Jeudi


Cette année, une très belle affiche au 22 d’Auron, la plus petite salle du festival, avec en tête d’affiche 3 groupes qui passent régulièrement sur les grandes radios nationales : Agar Agar, Her et Paradis.

C’est une soirée un peu fourre-tout puisqu’il y a au programme des groupes de Hip-Hop, d’électro, de soul et de funk ! 6 groupes au total, répartis sur 2 salles (le 22Est et le 22Ouest), qui s’enchaînent sans temps mort.

Il y a beaucoup de monde ce soir, de quoi remplir entièrement une salle, en grande partie une deuxième et l’espace-bar entre les deux !



Le premier artiste programmé est Coely, une chanteuse belge de hip-hop (style Black Eyed Peas). Elle est accompagnée par un DJ et ponctuellement par un rappeur et un autre chanteur.

Alors que je commençais à souffler en me disant que la soirée ne commençait pas très bien (car c’est pas du tout le style de musique que je vais écouter d’habitude), ça a été finalement une bonne surprise : le groupe est très pro à l’image de l’enchaînement impeccable des chansons, et surtout les chansons sont assez sympas et les sons intéressants et en osmose avec le chant.



Direction le 22Ouest avec Parcels, un groupe australien de disco-funk.

Sur scène, la formation est assez classique : basse, batterie, guitare, 2 synthés mais ça bouge pas mal, les musiciens abandonnent souvent leur instrument pour prendre des percus, le joueur de synthé danse tout en plaquant ses accords.

Dans la salle, le public se trémousse il faut dire que le groupe met de l’ambiance : c’est dansant, c’est carré, super décontracté et le groupe fait régulièrement de belles vocalises à 4 voix.

Un vrai régal !





On enchaîne avec Tommy Genesis, chanteuse canadienne de hip-hop. L’ambiance est radicalement différente de celle de Coely. Beaucoup plus sombre, plus difficile d’accès, plus amateur aussi, la chanteuse joue beaucoup sur le décalage entre ses paroles (crues) et son apparence physique (teenager américaine proprette). J’ai pas accroché plus que ça mais elle a un univers bien à elle.



Retour au 22Ouest avec Her, groupe français créé par 2 membres fondateurs du groupe The Popopopops. Ne connaissant que leur chanson « Five minutes », je m’attendais à un concert dans un style pop-électro… A tort car on est plutôt dans de la soul-pop. Et même franchement soul sur certaines chansons acoustiques.

Sur scène, c’est le classique basse-batterie-guitare-synthé.

Le chanteur a assurément une belle voix, le groupe une grande expérience et les effets sur les guitares sont très réussis (comme sur « Five minutes »). Mais autant j’ai beaucoup apprécié leurs morceaux pop, autant je n’ai pas été emballé par les morceaux 100 % soul.






Changement de salle direction le 22Est pour aller écouter Agar Agar. Et sur le chemin je tombe sur Olivier Marguerit, le chanteur de O ! Quelle bonne surprise ! Je profite des quelques secondes où il ne discute plus avec ses amis pour faire mon fan de base et lui dire que j’ai adoré son album « Un torrent, la boue ». S’ensuit un bref échange de banalités (pas aidé par Agar Agar qui commence à jouer) mais voilà malgré tout de quoi rendre cette soirée encore plus inoubliable.



Et c’est parti pour Agar Agar. Deux musiciens seulement sur scène, un homme et une femme, tous les deux équipés de PC et de synthés. Le set est entièrement électro, limite techno parfois. En plus de la partie instruments, la jeune femme est au chant. La voix, avec beaucoup de reverb, est un peu en retrait dans le mix et les mélodies ne sont pas très marquantes. Mais la partie musicale compense largement : le groupe envoie du beau son, et fait durer des parties instrumentales autour de boucles quasi hypnotiques. On se sent littéralement transporté.





Changement d’ambiance avec Paradis, dernier groupe de la soirée. Le groupe de pop-électro est composé de batterie, guitare et synthé (la basse étant assurée au synthé). Le set est franchement gâché par un volume et une balance assez désagréables (trop d’aigus, trop forts). Sous de beaux jeux de lumière, Paradis enchaîne les chansons qui l’ont fait connaître (La ballade de Jim, Toi et moi, Recto verso) mais l’ensemble est un peu répétitif : très peu de rupture de rythme, des arpèges de synthé en continu et une voix monocorde. Une musique soignée mais un peu froide.

5 janv. 2017

2016 : le bilan



Et c’est parti pour le traditionnel bilan de l’année passée avec mes coups de cœur de 2016.

Beaucoup de belles choses encore cette année comme l’album « Love » de Get Well Soon mais aussi des choses rafraichissantes comme « Do Hollywood » des Lemon Twigs et leur chanson « These words » qui, avec ses superbes chœurs et ses variations déjantées, est une des meilleures chansons de l’année. 

The Lemon Twigs : super album, super look !



2016 a commencé très fort avec la sortie au mois de janvier du premier album de O « Un torrent la boue ». Grosse claque. Ca sent bon le home-studio mais l'originalité des morceaux et le chant singulier de Olivier Marguerit font de cet album un des plus inventifs de ces dernières années… et il réussit en plus l’exploit de bien faire sonner tout ça en français. Chapeau.

Une critique plus détaillée est disponible sur le blog.



O en concert : une prestation qui vaut le coup d'oeil
 
Au mois de juin, Radiohead a frappé un grand coup avec son dernier album « A Moon Shaped Pool ». Ambiance acoustique, voix magnifique de Thom Yorke sur des mélodies subtiles, l’album prouve encore une fois que Radiohead est incontestablement au-dessus du lot.


 
Radiohead toujours au top
 

On termine enfin avec mon coup de cœur de l’été, l’album « Summer 08 » de Metronomy. Ah qu’il est bon de retrouver le groupe mené par Joseph Mount dans ce qu’il sait faire le mieux : de la pop électro qui ne se prend pas au sérieux. Ou tout du moins qui n’a pas l’air de se prendre au sérieux car il y a une telle recherche d’originalité dans le travail du son qu’on sent que rien n’a été laissé au hasard.



Après le parfait « The English Riviera » (d’ores et déjà meilleur album de la décennie n’ayons pas peur de le dire) et un « Love letters » très réussi mais un peu plus grave, « Summer 08 » s’annonçait comme un retour aux sources, faisant référence à leur album « Nights out » sorti en 2008.

On y retrouve ces sonorités synthétiques assez caractéristiques du groupe (sur « Hang me out to dry » par exemple), le chant un peu décalé mais toujours agréable de Joseph Mount (« le doux « Mick slow »), et régulièrement une basse bien disco qui vous arrache irrésistiblement quelques déhanchements honteux (dans ce registre « Back to school » et « My house » excellent). L’album se termine en beauté avec notamment le génial « Night owl ».







7 juin 2016

Radiohead "A Moon Shaped Pool" : une plongée en eaux douces et mystérieuses




Dire qu’on attendait quelque chose du nouvel album de Radiohead n’est pas tout à fait vrai.

Le groupe n’avait plus rien à prouver musicalement ayant déjà atteint des sommets de créativité dans des albums devenus mythiques ("OK Computer", "Kid_A" pour ne citer que ces deux là).

Et surtout il avait un peu déçu avec leur album précédent, "The King of Limbs", un album novateur mais froid, expérimental mais peu mélodique.

Et vu que les récents projets solos de Thom Yorke étaient un peu dans la même veine, on attendait donc leur nouvelle création en se disant qu’après l’avoir écouté une ou deux fois, on remettrait dans le lecteur nos morceaux préférés de "The Bends" et de "In Rainbows".

Mais dès la première écoute de leur nouvel opus, "A Moon Shaped Pool", on ne peut que se rendre à l’évidence : Radiohead est toujours là et est toujours au-dessus du lot.



On retrouve le Radiohead que l’on aime dans une atmosphère plutôt acoustique avec beaucoup de piano, guitare sèche, cordes et chœurs.

Les morceaux sont souvent mélancoliques, beaux et apaisés, avec cette incroyable voix habitée de Thom Yorke, une voix qui s’est faite plus claire, moins gémissante qu’auparavant, et qui vous prend littéralement aux tripes

Bien sûr on pourra toujours déplorer que l’album est beaucoup moins rock que ce qu’ils ont pu faire il y a 15 ans, mais les morceaux sont très bien travaillés et arrangés.



Les titres s’enchaînent dans une ambiance musicale qui n’est pas sans rappeler celle de l’album "Kid_A" (sorti en 2000) où chaque chose est à sa bonne place dans le mix.

"Burn The Witch" et son score de cordes très rythmé, "Decks Dark" avec cette incroyable basse et ses chœurs aigus, "Desert Island Disk" et son très joli riff de guitare acoustique, "Ful Stop" et son ambiance électro, "Identikit" et sa mélodie entêtante, "The Numbers" et son super groove, "Present Tense" et son rythme latino, "True Love Waits" qui, 20 ans après sa création, n’a jamais été aussi émouvante...



Et, alors que les chansons s’écoulent très naturellement, on est surpris, aux écoutes suivantes, de découvrir la complexité et l’originalité des morceaux et on se pose inlassablement la même question : mais comment font-ils ?